Face à une demande énergétique sans cesse croissante, le Burkina Faso explore de nouvelles voies de développement, notamment l’énergie nucléaire, souvent perçue comme une solution d’avenir. Mais avant même de produire de l’électricité, un autre chantier, moins visible, est essentiel: l’adoption d’une législation encadrant l’énergie nucléaire.
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Car le nucléaire ne s’improvise pas. Il requiert des règles strictes, capables de garantir la sécurité des populations, la protection de l’environnement et la gestion des risques.
D’après deux récents rapports de l’AIE «The Path to a New Era for Nuclear Energy» et «Electricity 2025, Analysis and forecast to 2027», cinq pays africains émergent dans la course au nucléaire, avec des stratégies et des niveaux de maturité différents. En tête, l’Afrique du Sud se distingue comme le seul pays du continent disposant déjà d’une centrale opérationnelle (Koeberg, 1,9 GW).
«Pour un pays comme le Burkina Faso, engagé dans une dynamique de transformation structurelle, de renforcement de sa souveraineté scientifique et technologique, la compréhension et la consolidation du cadre juridique du nucléaire sont des enjeux majeurs», a d’emblée déclaré le directeur général de l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA), M. Harouna Sawadogo.
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Du contrôle des installations, des risques d’accidents aux normes à adopter, autant de questions au cœur de cette conférence.
Pour les experts, le constat est clair, sans cadre juridique solide, il est difficile d’envisager un programme nucléaire.
Et pourtant, les opportunités existent. Par exemple, dans le domaine de la santé, l’énergie nucléaire a permis des avancées significatives, notamment en imagerie et dans le traitement du cancer.
En agriculture, elle a également contribué à l’augmentation des rendements. Et bien sûr, en matière d’énergie, le nucléaire est une source d’énergie stable et puissante.
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Cependant, comme l’a souligné Jean-Augustin Somda, expert en droit nucléaire, ces avantages s’accompagnent de normes élevées en matière de responsabilité, de transparence et de gouvernance. «Le Droit sert à offrir un cadre juridique qui va permettre de mener des activités ayant trait à l’énergie nucléaire et au rayonnement ionisant d’une manière qui protège convenablement les individus, les biens et l’environnement».
Pour le Burkina Faso, l’enjeu est donc double: d’une part, la mise en place d’un cadre juridique adapté, et d’autre part, le développement des compétences nécessaires. Il s’agit d’une étape cruciale pour garantir une utilisation durable et maîtrisée de l’énergie nucléaire.




