C’est en marge du Forum économique mondial du Davos, qui s’est tenu du 20 au 22 janvier 2026, que les premières signatures des adhérents au Conseil de Paix du président américain Donald Trump ont été apposées. Ainsi, plusieurs présidents, chefs de gouvernement et ministres de nombreux pays étaient présents à Davos pour formaliser leur adhésion.
En tout, lors de cette journée, ce sont 19 pays qui ont officiellement adhéré à ce Conseil de paix, soit 33% des pays invités pour en devenir membre. Toutefois, selon la Maison Blanche, 35 pays ont accepté d’y prendre part.
Parmi ceux-ci figure le Maroc. Le roi Mohammed VI «a bien voulu répondre favorablement à cette invitation. Dans ce contexte, le Royaume du Maroc ratifiera la Charte constitutive de ce Conseil», a affirmé le lundi 19 janvier 2026, un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Royaume.
Lire aussi : Donald Trump s’appuie sur la sagesse du roi Mohammed VI pour instaurer la paix au Moyen-Orient
D’ailleurs, le Royaume du Maroc avec Bahreïn ont été les deux premiers pays à signer la Charte et donc à adhérer à cette nouvelle institution initiée présentée comme une alternative au Conseil de sécurité de l’ONU.
Le Maroc est le premier pays africain à rejoindre cette nouvelle organisation et y siègera en tant que «membre fondateur». Autrement dit, le Royaume va débourser 1 milliard de dollars et devenir membre permanent de cette organisation.
Le leadership du roi Mohammed VI et ses bonnes relations avec les dirigeants des cinq continent, le capital historique des relations entre les deux pays, le Royaume étant le premier pays à reconnaitre l’indépendance des Etats-Unis, le rôle majeur que joue le Maroc dans la question palestinienne entant que président du Comité d’Al Qods, la participation du Maroc aux Accords d’Abraham, ses bonnes relations avec les Palestiniens et les Israéliens… sont autant de facteurs qui ont milité pour l’invitation du Roi du Maroc qui est considéré comme un artisan de la paix au niveau mondial.
Cette invitation est une reconnaissance politique claire de l’influence du Royaume dont la sagesse et le poids diplomatique sont reconnus au Moyen-Orient, en Afrique et au-delà. Lorsqu’il s’agit de paix, de crédibilité et de stabilité internationale, le Roi du Maroc fait partie des personnalités qui comptent.
Lire aussi : Washington appelle à des échanges commerciaux plus équilibrés avec l’Afrique
Pour sa part, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a également accepté l’invitation de Donald Trump à siéger au Conseil de Paix pour contribuer à oeuvrer au règlement des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU. L’Égypte, pays frontalier d’Israël et de la Palestine (bande de Gaza), joue un rôle central dans le processus de paix au Moyen-Orient. La position géostratégique du pays et le leadership du président égyptien au sein du monde arabe et son rôle central dans le règlement du différend israélo-palestinien justifient sa présence au sein de ce Conseil.
Pour les autres grands pays africains, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Éthiopie, diverses raisons peuvent expliquer que Washington n’ait pas envoyé d’invitation aux dirigeants de ces pays. Pour l’Afrique du Sud, les relations entre Donald Trump et Cyril Ramaphosa sont exécrables depuis le retour du président américain au pouvoir.
Le président américain Donald Trump (au centre), tenant une charte fondatrice signée, lors de la réunion du «Conseil de la paix» pendant le Forum économique mondial (FEM) de Davos, le 22 janvier 2026, entouré des représentants des pays signataires.. AFP
Pour le Nigeria, les relations sont tendues à cause des accusations portant sur des massacres et enlèvements touchant la communauté chrétienne du pays. Enfin, pour l’Éthiopie, les relations avec Washington sont loin d’être au beau fixe à cause notamment des excellentes relations qu’entretient Addis-Abeba avec la Chine et des prises de positions de Washington sur le différend opposant le pays à l’Egypte au sujet de la gestion du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne.
Lire aussi : Voici les nouveaux tarifs douaniers imposés par Donald Trump aux pays africains
En plus, ces pays ont des impacts diplomatiques négligeables sur les résolutions des conflits.
En ce qui concerne les pays membres du Conseil de la Paix, chaque État membre ne pourra siéger plus de trois ans, sauf les «membres fondateurs» qui peuvent être membres de manière permanente. Pour les Etats membres non fondateurs, ils bénéficieront d’un mandat «d’une durée maximale de trois ans (…) renouvelables par le président», à moins qu’ils ne versent «plus d’un milliard de dollars au comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte».
Si le Maroc et l’Egypte sont les seuls pays africains dont les dirigeants ont reçu des invitations pour adhérer au Conseil de paix, selon les médias américains, aucune liste officielle des pays invités n’a pour le, moment été publiée par la Maison Blanche. Toutefois, selon le Wall Street Journal, les pays invités seraient au nombre de 58 au total.
Lire aussi : Comment Trump a torpillé l’Agoa et mis certains pays africains dans de sales draps
Il faut souligner que la participation à ce Conseil se fait exclusivement sur invitation du président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump. Et selon la liste dévoilée, on ne compte que deux pays africains parmi les 58 qui ont été invités par le président Trump à rejoindre l’organisation dont les grands pays de l’Union européenne (France, Allemagne, Espagne, Italie…), la Chine, la Russie, le Japon, la Corée, l’Indonésie, le Brésil, l’Argentine,…
Rappelons que le Conseil de paix de Donald Trump ambitionne de «résoudre les conflits mondiaux». Le Conseil de Paix prend la forme juridique d’une organisation internationale ayant pour ambition la promotion de la stabilité, la restauration de la gouvernance et la garantie d’une paix durable dans les zones touchées ou menacées par les conflits.
Face à l’incapacité du Conseil de sécurité de l’ONU de ramener la paix dans le monde, le mandat du Conseil de Paix de Trump se fonde sur la coopération pratique, l’action effective et des partenariats orientés vers des résultats tangibles. Partant, l’organisation va empiéter sur les prérogatives du Conseil de sécurité de l’ONU.
Lire aussi : Tensions entre les Etats-Unis et l’Afrique du Sud : Donald Trump accueille des Afrikaners comme réfugiés
«Portée par le président Trump, l’initiative se veut avant tout une plateforme politique de gestion pragmatique des conflits, y compris au Moyen-Orient. Il s’agit d’un club stratégique restreint, non universel, aux décisions politiques et non contraignantes — une rupture assumée avec les mécanismes classiques onusiens», a expliqué Mustapha Sehimi, universitaire et politologue marocain.
Donald Trump aura à ses côtés son émissaire spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, son gendre et médiateur officieux Jared Kushner et son secrétaire d’État Marco Rubio.
En ce qui concerne les décisions du Conseil, elles seront prises à la majorité des voix, sous réserve de l’approbation finale de son président Donald Trump.
Lire aussi : Trump propose un «Conseil de paix» concurrent de l’ONU mais totalement à sa main
Rappelons que sur les 58 pays invités, certains ont refusé d’adhérer à l’organisation, dont notamment des pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni,… D’autres ont émis des conditions à leur intégration ou accusé tout simplement bonne réception de l’invitation.















