Le président Yoweri Museveni, 81 ans dont 40 au pouvoir, cherche à se maintenir à la tête du pays d’Afrique de l’Est dans un contexte de répression et de blocage d’internet. Face à lui, l’ex-chanteur populaire Bobi Wine, 43 ans, bénéficie de soutiens, notamment de la jeunesse, dans certaines parties du pays.
Des journalistes de l’AFP présents dans plusieurs quartiers de la capitale Kampala et de Jinja dans l’est du pays, ont indiqué que le vote n’avait pas encore commencé, des informations faisant état de la non-distribution des bulletins de vote et du dysfonctionnement des machines biométriques servant à vérifier l’identité des électeurs.
«Personne n’est là pour nous dire ce qui se passe», s’impatiente auprès de l’AFP Abuza Monica Christine, une commerçante de 56 ans vivant à Jinja, près de la frontière avec le Kenya. «C’est délibéré. C’est un bastion de l’opposition», affirme-t-elle.
Les même problèmes sont toutefois survenus dans des bureaux de vote du centre de Kampala où la population ne vote pas nécessairement pour l’opposition, ont constaté les journalistes de l’AFP.
«Certaines machines biométriques ne fonctionnent pas. Je ne sais pas si le problème vient d’internet. Nous n’avons reçu aucune information de la Commission électorale», a expliqué à l’AFP un responsable du parti au pouvoir.
«Si ça arrive partout, il y a de quoi s’inquiéter. Les gens vont être mécontents parce qu’ils ne seront pas sûrs du résultat», s’est inquiété Katomgole Juma, un artisan de 48 ans, patientant pour voter, dans le centre de Kampala.
Le vote n’avait toujours pas démarré dans les bidonvilles de Kampala, fief des partisans de Bobi Wine.
«J’attends depuis trois heures sans aucune explication», a confié à l’AFP Tony Kaweesi, 21 ans, sympathisant de Bobi Wine se disant «épuisé, au point de perdre toute motivation pour aller voter.»
Au moins un bureau de vote d’une banlieue huppée de la capitale Kampala, bastion du parti au pouvoir, était ouvert comme prévu à 07H00 (04H00 GMT), a constaté une journaliste de l’AFP présente sur place.
«Je dois voter car j’ai besoin de mon président(...) j’ai besoin de sécurité», a déclaré Godfrey Kisimbea, un plombier de 55 ans, le premier dans la file, à côté d’un policier.
La chaîne de télévision locale NBS a également montré d’autres bureaux de vote ouverts.
Nombre d’observateurs voient dans le scrutin de jeudi une formalité pour le président sortant. Il se déroule dans un climat «marqué par une répression et une intimidation généralisées», selon l’ONU.




