La participation de Téhéran à ces manoeuvres de pays des Brics+, dont la Chine et la Russie, s’est attirée la foudre des Etats-Unis qui l’ont estimée «inadmissible» via leur ambassade jeudi.
Plusieurs médias locaux ont relayé que le président Cyril Ramaphosa avait demandé à ce que le rôle de la République islamique soit requalifié comme simple observateur, sans effet.
«L’instruction a été clairement communiquée à toutes les parties concernées et acceptée», a confirmé vendredi un communiqué du ministère de la Défense. «La ministre a créé une commission d’enquête afin d’examiner les circonstances entourant ces allégations et de déterminer si l’instruction du président a pu être mal interprétée et/ou ignorée», ajoute celui-ci.
Ce n’est pas la première fois que la coordination des armées avec l’exécutif sud-africain semble brouillonne. En août, le ministère des Affaires étrangères avait recadré les propos d’un général en visite en Iran après des déclarations reprises par une agence iranienne qui ne «représent(ai)ent pas la position officielle du gouvernement».
Mais cette nouvelle dissonance intervient en plein mouvement de contestation en Iran, durant lequel, selon le bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués.
Surtout, des débats parlementaires sont en cours en ce moment à Washington sur une prolongation de l’accord commercial préférentiel Agoa, entre les Etats-Unis et de nombreux pays africains. Un texte dont l’Afrique du Sud est le premier bénéficiaire et qu’elle espère voir renouveler malgré des relations au plus bas avec l’administration américaine.
Rien n’est moins certain: dans la lignée du flot de critiques depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, Jim Risch, a qualifié lundi Pretoria d’«adversaire» et jugé le «temps des (...) accords commerciaux passé».
En plus d’une prétendue «persécution» des Afrikaners - les descendants des premiers colons européens -, l’administration américaine a plusieurs fois reproché à Pretoria sa plainte pour «génocide», déposée devant la Cour internationale de justice (CIJ), visant Israël pour sa guerre à Gaza.
Par ailleurs, Washington a expulsé l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Etats-Unis et imposé des droits de douane de 30% aux produits sud-africains concernés par ses taxes douanières, les plus élevés parmi les pays d’Afrique subsaharienne.
