Guinée-Bissau: le chef de la junte limoge un chef militaire proche de l’ex-président Embalo

Le général Horta N'Tam, président de transition de la Guinée-Bissau.

Le 15/10/2026 à 08h52

Le chef de la junte au pouvoir en Guinée-Bissau, le général Horta Ntam, a limogé mercredi un militaire proche de l’ex-président déchu Umaro Sissoco Embalo et qui travaillait au palais présidentiel, selon un décret consulté par l’AFP.

La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires de l’élection présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé le président sortant Embalo et suspendu le scrutin.

De nombreux observateurs ont soupçonné à l’époque M. Embalo d’avoir orchestré le coup d’État pour arrêter le processus électoral qu’il semblait perdre.

A travers plusieurs mesures récentes, la junte a récemment pris ses distances avec l’ancien président, à l’image de cette mise à l’écart du lieutenant-général Sadji Fati. Ancien ministre de la Défense et ancien conseiller militaire sous M. Embalo, il dirigeait la maison civile de la présidence, en charge de l’administration civile et militaire du palais présidentiel à Bissau.

M. Fati est «démis de ses fonctions. La mesure entre immédiatement en vigueur», dit sommairement le décret.

Ce limogeage survient après plusieurs autres dans les forces de défense et de sécurité depuis la chute de M. Embalo, en exil au Maroc. Les éléments de sa garde présidentielle et la plupart des officiers proches de lui sont également écartés de la gestion du pouvoir.

Le ministre de l’Intérieur, le Général Mama saliu Embalo, et celui de la pêche Maria Da Cruz Correia, deux proches de l’ancien président, ont été limogés récemment par le général Horta Ntam.

La junte est censée organiser le 6 décembre des élections présidentielle et législatives, qui doivent acter le retour au pouvoir des civils. Mais la Commission nationale électorale (CNE) a indiqué le 8 octobre que les «conditions ne sont pas réunies pour organiser» ces scrutins.

Fin septembre, M. Embalo a annoncé à l’AFP qu’il s’apprêtait à rentrer en Guinée-Bissau et qu’il serait candidat à la présidentielle de décembre avant que la junte n’annonce que les «conditions de sécurité» n’étaient pas réunies.

Il s’en est suivi des rumeurs de mécontentement au sein de la garde présidentielle, réputée loyale à M. Embalo. Dans la foulée, plusieurs éléments de ce corps ont été désarmés et placés sous contrôle au siège de l’état-major.

La Guinée-Bissau, pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), avait, avant le coup d’État du 26 novembre 2025, déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 15/10/2026 à 08h52