Guinée: la société civile demande le report du référendum constitutionnel

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Le 30/08/2025 à 08h18

Une coalition d’organisations de la société civile de Guinée réclame le report du référendum constitutionnel du 21 septembre, estimant le processus mal préparé et dénonçant la répression de l’opposition par la junte au pouvoir.

Ce référendum, convoqué par le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis qu’il a renversé le président élu Alpha Condé en 2021, doit permettre aux Guinéens de se prononcer sur un projet de Constitution ouvrant la voie à un retour à l’ordre constitutionnel promis par les militaires.

Les dispositions de ce texte ne permettent pas de savoir de manière explicite si le général Doumbouya pourra ou non se présenter à une prochaine présidentielle et l’opposition et la société civile dénoncent une volonté de ce dernier de confisquer le pouvoir et ont appelé à manifester à partir du 5 septembre.

A quelques jours de l’ouverture dimanche de la campagne pour ce scrutin, le Forum des forces sociales de Guinée (FFSG), qui réunit une quarantaine d’organisations, «invite» la junte «à suspendre ce processus dit de retour à l’ordre constitutionnel mal préparé, clivant (et) répressif».

Dans un communiqué publié jeudis soir, le FFSG invoque notamment «l’absence d’un fichier électoral certifié», le refus des dirigeants de l’opposition de se faire recenser et «l’absorption absolue» de l’organe de gestion des élections par le ministère de l’Administration territoriale.

Trois des principaux partis d’opposition, dont le RPG (ex-formation au pouvoir) ont été suspendus le 23 août pour trois mois par la junte qui leur reproche de n’avoir «pas satisfait à leurs obligations», notamment celles de s’abstenir de «tenir de manifestations ou tout acte de propagande politique».

Une vingtaine de partis avaient été dissous par la junte mi-mars.

Celle-ci a en outre interdit toute manifestation depuis 2022, et plusieurs dirigeants de l’opposition ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil. Deux opposants sont en outre portés disparus depuis juillet 2024.

Une «charte de transition» établie par la junte peu après le coup d’Etat impose qu’aucun membre de la junte, du gouvernement ou responsable des institutions de transition ne se présente aux élections.

L’adoption d’une nouvelle Constitution pourrait faire sauter ce verrou, dans ce pays dirigé pendant des décennies par des régimes dictatoriaux.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 30/08/2025 à 08h18