Mali: l’armée dément avoir libéré 200 jihadistes contre le passage des convois de carburant

Des membres de l'Etat islamique au nord du Mali.

Le 30/03/2026 à 21h03

L’armée malienne a démenti lundi devant la presse avoir libéré mi-mars environ 200 jihadistes présumés dans le cadre d’une trêve sur les attaques de convois de carburant qui asphyxient l’économie du Mali.

Des sources sécuritaires et politiques ont déclaré à l’AFP que les autorités maliennes avaient procédé à la libération de ces personnes en échange du passage de ces convois en vertu d’un accord censé rester en vigueur jusqu’à la grande fête musulmane de la Tabaski, qui aura lieu fin mai.

«Ces propos, relayés par certains médias, visent à ternir l’image du Mali et à rompre la confiance entre le peuple et ses institutions et particulièrement entre le peuple malien et ses forces de défense et de sécurité», a commenté le colonel-major Souleymane Dembélé, le directeur de l’information et des relations publiques des armées.

«C’est de la pure manipulation sans fondement et dénuée de toute source fiable», a-t-il ajouté.

Depuis septembre dernier, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda, attaquent les colonnes de camions-citernes au Mali, un pays enclavé, allant jusqu’à complètement gripper l’économie à Bamako au plus fort de la crise en octobre.

Après plusieurs mois d’accalmie, au début du mois de mars, les Bamakois ont de nouveau été confrontés à une pénurie de gazole, dont les stocks servaient en priorité à alimenter les centrales thermiques.

L’accord conclu mi-mars entre le gouvernement et les jihadistes présumés, juste avant la fête marquant la fin du ramadan, a coïncidé avec une nette amélioration dans la capitale malienne avec l’arrivée de convois de carburant.

Une source sécuritaire malienne avait déclaré à l’AFP que «198 jeunes» avaient «été libérés dans le cadre de l’accord».

Un chiffre similaire à celui avancé par un élu local: «201 jeunes accusés d’être des jihadistes ont été libérés», selon cette personne, parlant sous couvert d’anonymat en raison du contexte sécuritaire.

Un représentant d’une association avait dit à l’AFP que deux jeunes libérés dans le cadre de cet accord étaient «morts» dans la nuit du 22 au 23 mars, rappelant qu’ils «étaient, comme sept autres jeunes, très malades» en sortant de prison.

Un élu a confirmé le décès de ces deux jihadistes présumés, qui «étaient très affaiblis lors de leur libération».

Par ailleurs, l’AFP a appris auprès de sa famille la mort dimanche d’un autre jihadiste présumé libéré.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 30/03/2026 à 21h03