Présidentielle à Djibouti: un seul candidat sans envergure face au chef de l’État sortant (officiel)

Ismael Omar Guelleh, chef de l’État djiboutien, brigue une 6e mandat à la tête du pays.

Le 19/03/2026 à 12h24

Un seul candidat, sans envergure politique et ancien membre du parti au pouvoir, sera opposé au chef de l’État djiboutien sortant Ismael Omar Guelleh, qui dirige le pays sans partage depuis 1999, pour la présidentielle du 10 avril, selon un décret publié jeudi au Journal officiel.

Ancienne colonie française jusqu’à son indépendance en 1977, Djibouti est un État stable dans une région troublée et suscite l’intérêt des grandes puissances. Pays parmi les moins peuplés d’Afrique avec environ un million d’habitants, il accueille notamment des bases militaires américaine, française, chinoise et japonaise.

Ismaël Omar Guelleh, 78 ans, dirige le pays de la Corne de l’Afrique d’une main de fer depuis 27 ans et fait figure de grand favori pour le scrutin du mois prochain. La Constitution, qui limitait à 75 ans l’âge des candidats à la présidentielle, a été modifiée en novembre pour lui permettre de briguer un sixième mandat.

Lors de la dernière présidentielle en avril 2021, le chef de l’Etat, surnommé «IOG», avait été réélu avec plus de 97% des voix.

«La liste des candidats à l’élection présidentielle du vendredi 10 avril 2026 est arrêtée comme suit: M. Ismael Omar Guelleh, candidat de l’UMP, M. Mohamed Farah Samatar, candidat du CDU», selon un décret publié mercredi soir au Journal officiel.

Mohamed Farah Samatar est président du Centre démocrate unifié (CDU), un parti qui ne dispose d’aucun élu au Parlement.

«C’est un ancien du parti au pouvoir. Sa candidature n’est pas solide et l’issue des élections ne fait pas beaucoup de doutes», souligne un analyste politique djiboutien ayant requis l’anonymat.

Alexis Mohamed, ancien conseiller du chef de l’État, qui avait quitté ses fonctions en septembre en dénonçant un «recul démocratique», n’a pas pu déposer sa candidature. Il devait la déposer en personne mais, se trouvant actuellement à l’étranger, il a déclaré à l’AFP ne pas avoir reçu de «garanties de sécurité» pour rentrer à Djibouti.

Le pays est régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains pour sa répression des voix dissidentes.

Djibouti pointe au 168e rang sur 180 pays dans le classement sur la liberté de la presse établi en 2025 par Reporters sans frontières (RSF), l’ONG affirmant que «le paysage médiatique est complètement verrouillé et se limite presque exclusivement aux médias d’État».

En juin 2022, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) avait affirmé que les élections «ne sont pas libres à Djibouti».

Djibouti occupe une position géographique stratégique, bordant face au Yémen le détroit de Bab-el-Mandeb, qui donne accès à la mer Rouge depuis le golfe d’Aden et par lequel transite en temps normal une grande part du commerce mondial, entre Asie et Occident.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 19/03/2026 à 12h24