Fermer

Sénégal. Législatives: cette fois c'est sûr, Abdoulaye Wade n'est pas mort

Mise à jour le 20/01/2017 à 18h56 Publié le 20/01/2017 à 18h44 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
Abdoulaye Wade n'est pas encore mort
© Copyright : DR

#Sénégal : Du haut de 97 ans, maître Abdoulaye Wade, l'ex-président du Sénégal, est encore le personnage le plus représentatif de l'opposition. Il vient d'appeler à une liste unique pour faire bloc contre la coalition au pouvoir. Toute l'opposition l'a suivi ou presque.


On se rappelle, l'annonce par la presse il y a quelques mois, de la mort d'Abdoulaye Wade et la sortie du «Pape du Sopi» (changement en ouolof), toute aussi amusée que virulente, affirmant qu'il était bel et bien vivant. La classe politique vient d'en avoir confirmation si besoin était. Non content d'être vivant,  il est aussi le seul à savoir rassembler les contestataires de tous bords. Pour preuve, il vient d'appeler à une liste unique lors de prochaines législatives. 


LIRE AUSSI:
Sénégal: Abdoulaye Wade réagit violemment suite à la rumeur sur sa mort

Un front pour barrer la route à la Coalition «Benno Book Yakar» est en gestation. L’opposition sénégalaise est en phase avec l’ex-Président Abdoulaye Wade dans son idée de présenter une liste unique aux législatives de 2017. Selon l’ancien président de la République Abdoulaye Wade, constituer un seul bloc pourrait permettre aux adversaires de la coalition dirigée par Macky Sall d’être majoritaires à l’Assemblée nationale sénégalaise. Il invite ainsi la famille libérale à initier des pourparlers avec les autres membres de l’opposition pour constituer une liste unique.

L’invité du «Pape du Sopi», Abdoulaye Wade a trouvé des échos favorables. Ses alliés du Front patriotique pour la défense de la République ont approuvé l’idée d’une liste unique au législatives. La conférence des leaders du Fpdr a servi de prétexte pour étudier et adhérer la proposition. Dans le communiqué final de la rencontre, les leaders de certains partis de l’opposition soutiennent que «les élections législatives à venir seront un tournant politique majeur pour le pays. Elles nécessitent des décisions courageuses de chaque leader, pour arrêter la descente aux enfers des Sénégalais des villes et des campagnes». D’ailleurs, au sortir de la réunion, Mamadou Diop Decroix a soutenu: «cette entente correspond aujourd’hui à un vœu ardent de très larges franges de notre peuple de l’intérieur comme de la diaspora».

«La conférence des leaders en appelle à tous les Sénégalais soucieux de la dignité et de la prospérité du pays pour faire des législatives de 2017 un référendum de rejet de la politique catastrophique à tous égards de Macky Sall», ont continué Mamadou Diop De Croix et ses camarades. Une idée que partage du reste la formation BokkGis-Gis qui donne son approbation. Les Camarades Pape Diop vaudraient ainsi, à l’issue des prochaines législative, qu’il ait une cohabitation entre le pouvoir exécutif et le législatif. Son leader a même initié des concertations avec d’autres chefs de partis politiques, à en croire le porte-parole de BokkGis-Gis.

«Le Président Pape Diop l’a entamé, bien avant l’appel du Président Wade. Il a initié des rencontres avec des chefs de parti de l’opposition, notamment Oumar Sarr, Malick Gakou, Idrissa Seck pour essayer d’accorder leurs violons», a avancé Moussa Diakhaté. Pour sa part, Adrissa Seck, l’ancien Premier ministre leader du parti «Rewmi» est tout à fait d’accord avec ses autres camarades de l’opposition. Une telle coalition serait en quelque sorte, une ramification de la coalition Manko Wattu Sénégal qui milite pour le renversement de la majorité "Benno Bok Yakar" -Unis et partageant le même espoir- de l’Assemblée Nationale.

«Nous avons les même combats, quelles que soient les appartenances idéologiques. Si on parvient à s’entendre dans ce cadre pour la mise sur pied d’une liste unique, ce serait une excellente chose», a précisé le député Thierno Bocoum. Une vision que partagent aussi les dirigeants du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (FSD/BJ). Selon eux, leur participation à l’élection de Maky Sall à la présidence de la République était une véritable erreur de leur part. Ils invitent ainsi «l’opposition et la société civile, à se mobiliser autour d’une stratégie qui devra permettre de réunir tous ceux qui sont porteurs de cet idéal pour revenir sur les ratés de 2012 et construire une véritable alternative», selon Cheikh Bamba Dièye.

En accord avec Maître Wade, le PDS ne peut pas être laissé en rade dans ce combat qui vise à créer un contre-pouvoir à celui de Macky Sall qui dispose d’une majorité assez confortable pour dérouler toute sa politique. Conscient, selon eux du devoir de rendre justice au peuple sénégalais qui souffre de la politique du pouvoir exécutif soutenue par le législatif, l’opposition doit mettre en place une liste unique pour barrer la route à Macky Sall et ses partisans. «Il suffit qu’on soit uni et qu’on mette de côté certains intérêts crypto-personnels pour qu’on instaure une première alternance au niveau de l’Assemblée nationale», a soutenu Mayoro Faye.

Le 20/01/2017 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé