Boko Haram exige de lourdes rançons après l’enlèvement de sept Tchadiens au Niger

Le 05/04/2026 à 12h48

Le groupe jihadiste Boko Haram demande d’importantes rançons en échange de la libération de six Tchadiens enlevés le 31 mars au Niger, après qu’un autre a été «égorgé» par les jihadistes, a appris l’AFP samedi de sources concordantes.

Le sud-est du Niger, frontalier du Tchad, fait l’objet d’attaques régulières de Boko Haram et de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). La junte au pouvoir depuis 2021 à Niamey peine à endiguer ces violences jihadistes qui minent le pays depuis près d’une décennie.

«Les sept Tchadiens ont été enlevés mardi matin en territoire nigérien, non loin de Mariyari», a indiqué à l’AFP samedi Saleh Haggar Tidjani, représentant de l’Etat dans la province tchadienne du Lac.

Les jihadistes ont «égorgé» l’un d’eux, a-t-il affirmé, tandis que les six autres ont été «pris en otage».

Six survivants en captivité

Boko Haram demande des sommes particulièrement élevées au regard du niveau de vie au Tchad en échange de leur libération, dont 500 millions de francs CFA - près de 760.000 euros - pour l’un d’eux qui est médecin, a expliqué samedi à l’AFP Mahamat Nour Moustapha, représentant de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme dans la province du Lac.

Tisembé Lamsikréo, un jeune médecin qui était parti suivre une formation en chirurgie pédiatrique à Niamey, rentrait au Tchad pour le deuil de son père, a précisé sa famille à l’AFP.

Dans des vidéos circulant depuis jeudi sur les réseaux sociaux, dont l’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité, on peut voir un homme qui se présente comme M. Lamsikréo et cinq autres appeler à l’aide, affirmant avoir été arrêtés «au nombre de sept» par Boko Haram et qu’une personne parmi eux a été «égorgée».

Les jihadistes demandent 50 millions de francs CFA - environ 76.000 euros - pour chacun des cinq autres.

Concernant le médecin, «la famille a commencé à faire une collecte de fonds pour sa libération», a expliqué à l’AFP son épouse Sidonie Kambe Loue Badarde, bouleversée, qui a par ailleurs affirmé ne pas avoir été contactée par les autorités tchadiennes.

L’ordre des médecins du Tchad a aussi lancé dès jeudi une collecte de fonds pour obtenir la libération de leur collègue, via des groupes Whatsapp que l’AFP a pu consulter.

Bastion jihadiste

«C’est un phénomène récurrent dans le bassin du Lac où les éléments de Boko Haram procèdent souvent à des enlèvements pour exiger des rançons», observe M. Moustapha.

La région du lac Tchad, vaste étendue d’eau et de marécages située entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, s’est transformée depuis 2009 en bastion jihadiste abritant à la fois des combattants de Boko Haram et de l’ISWAP.

En 2015, les quatre pays avaient réactivé la Force multinationale mixte, créée en 1994 pour combattre les groupes jihadistes autour du lac.

Le Niger a toutefois quitté cette force régionale en 2025, tant les relations tendues entre Etats ont fragilisé la lutte antijihadiste en son sein.

Le Sahel, «épicentre» du «terrorisme», a concentré pour la troisième année consécutive en 2025 près de la moitié des décès liés à ces violences dans le monde, selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié en mars.

L’an dernier, le Sahel comptait près de la moitié des 5.582 morts attribués au «terrorisme» dans le monde.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 05/04/2026 à 12h48