Cameroun: l’hallucinante progression de la consommation de drogue chez les jeunes

Un jeune camerounais consommant de la drogue.

Le 11/03/2026 à 14h32

La consommation de drogue connaît une progression inquiétante et touche un large pan de la société camerounaise, notamment les jeunes. Selon plusieurs acteurs de la société civile, environ 60% des jeunes consomment des substances illicites. Aucun coin du pays n’est épargné au grand désarroi de la société.

Cannabis, cocaïne et tramadol, auxquels s’ajoutent d’autres substances de fabrication artisanale, sont les drogues les plus en vogue chez les jeunes gens des deux sexes. Pour Marie-Florence Hond, présidente de l’organisation non gouvernementale FEEF, le mal est bien plus profond qu’un phénomène social local.

«C’est une industrie savamment organisée, qui prend sa source dans les pays étrangers avec des complicités locales. La distribution est un machine bien huilée. Les importateurs confient leurs marchandises aux grossistes lesquels disposent d’un réseau de petits détaillants souvent chargés d’écouler leurs produits au sein même des établissements scolaires».

Marie-Florence Hond n’omet pas de parler des hallucinogènes localement produits par de jeunes camerounais à partir de plantes traitées aux produits pharmaceutiques.

Agréée en 2021, la FEEF est «Organisation à but non lucratif de lutte contre la délinquance juvénile et les violences liées à la consommation d’alcool, des drogues et l’utilisation des irresponsable des réseaux sociaux en milieu jeune« .

Sur son site internet, l’ONG précise que aide les jeunes addictes à se désintoxiquer «dans nos centres de désintoxication, nous prenons en charge les jeunes en proie aux drogues. Grâce à l’accompagnement des psychologues, des addictologues , des psychiatres des toxicologues des médecins et autres spécialistes, nous les soignons et les réinsérons socialement" .

Malgré des multiples campagnes de sensibilisation, la pente est toujours inquiétante. Pour cela, de nombreux acteurs de la société civile appellent le gouvernement à durcir les lois sur le trafic et la consommation des drogues dans le pays.

Car le taux des personnes s’adonnant à la consommation de telles substances illicites et nuisibles à la santé est en constante progression comme témoignent les chiffres officiels «Le nombre de patients demandeurs de soin d’après les chiffres du comité national de lutte contre la drogue est en nette augmentation dans les trois régions en crise. Ce chiffre est passé d’un taux de 10,16% en 2017 à 22,21% en 2019 et depuis 2021 les patients usagers de substances psychoactives, demandeurs de traitements dans les centres de soins de ces trois régions représentent désormais à eux seuls près de 42% de nouveaux recensés» avait déclaré, en juillet 2024, le ministre de la Santé publique.

Selon ce dernier, la tranche d’âge des 19-32 ans est la plus exposée et 87% des personnes sujettes à la consommation des drogues résident en milieu urbain et font face parfois a des préjugés

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 11/03/2026 à 14h32