Cameroun: quand les mines deviennent un gisement de conflits souvent mortels

Le 12/02/2026 à 08h56

VidéoAu Cameroun, les conflits se multiplient autour des sites miniers entre les communautés villageoises et certains exploitants étrangers. Le bilan, suffisamment lourd, interpelle les pouvoirs publics dont l’arbitrage pourrait ramener la sérénité dans plusieurs localités du pays.

Entre 2015 et 2025 au Cameroun, plus de 220 personnes ont perdu la vie à cause des conflits dans les sites miniers, principalement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua.

Ces pertes en vies humaines ont été enregistrées tant chez les exploitants locaux que chez les expatriés. Dans la région de l’Est, par exemple, plusieurs sites d’exploitation ont déjà fait parler d’eux durant ces dix dernières années, notamment les sites de Bétaré-Oya, Kambélé et Ngoura les exploitants ont eu recours aux armes blanches, aux armes de fabrication artisanale ou mêmes aux armes conventionnelles pour résoudre leurs différends.

Au centre des conflits, la répartition des sites miniers, la rémunération des emplois locaux et la surexploitation des sites. Au sujet de la répartition des sites miniers, le journaliste Marcellin Ngansop explique que «les communautés villageoises exploitent l’or de manière artisanale ou semi mécanisée. Cette activité leur permet de subvenir à leurs petits besoins. Seulement, lorsque le gouvernement octroie les permis d’exploitation des mêmes sites à certains exploitants étrangers comme les Chinois, ceux-ci expulsent les exploitants locaux généralement sans aucune autre forme de procès. Ce qui génère les conflits», a-t-il déclaré avant d’ajouter que le plus dramatique dans ces affaires c’est l’indifférence totale de ces exploitants étrangers face à la pauvreté ambiante dans laquelle les populations vivent sans la moindre construction d’infrastructures.

L’actualité dans le pays est en ce moment dominée par la situation qui prévaut à Galim-Tignère, une localité située de la région de l’Adamaoua où l’insécurité sévit au quotidien, mettant à mal les autorités administratives et sécuritaires.

C’est dans cette localité qu’un sous-préfet et sa famille ont péri dans un incendie visiblement criminel. Le commandant de brigade de gendarmerie de cette localité est aussi sans abris à cause d’un autre incendie qui a ravagé tout le bâtiment abritant ses services. Sans oublier la mort tragique d’un élément de la gendarmerie nationale retrouvé dans la ville de Galim-Tignère.

Des scènes regrettables qui pourraient trouver des solutions pérennes si le gouvernement associe les communautés villageoises lors de la délivrance des permis d’exploitation aux expatriés, si ce gouvernement veille au respect du code minier camerounais et réduit considérablement la corruption dans le domaine de l’exploitation des minerais.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 12/02/2026 à 08h56