Au bord du lac de Sonfonia, le décor semble immobile. L’eau est calme, presque silencieuse, comme figée dans le temps.
Pourtant, derrière cette apparente tranquillité, se joue chaque jour une activité essentielle pour de nombreux jeunes du quartier. Quelques heures plus tard, le poisson se retrouve proposé à la vente. Sur les étals, une scène frappe immédiatement: les poissons, encore vivants, respirent sous les yeux des clients.
Un signe évident de fraîcheur qui attire et fidélise, constate Alhassane Diallo, pêcheur. «Mon collègue qui pêche ces poissons dans le lac se réveille souvent à 4h du matin. Il pose ses filets et attend quelques heures, et c’est bon. Je récupère la prise que je propose enfilée sur une branche. Les varient entre 40.000 et 120.000. La technique pour attraper ces poissons est très simple… nous avons des boîtes couvertes de filet dans lesquelles nous glissons du pain sec très prisé des poissons. C’est ainsi qu’ils pénètrent à travers un trou et ne peuvent plus en sortir».
Sur place, Minimou Marc, un client: «j’achète ici du poisson. Car depuis mon premier achat, j’ai été marqué par le goût frais et unique». Cette activité, au-delà de son aspect artisanal, représente une véritable bouffée d’oxygène pour des jeunes confrontés au chômage.
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Étudiants, ouvriers ou sans-emploi, ils trouvent dans cette chaîne de pêche et de revente une opportunité de subsistance, souligne Alhassane Diallo, pêcheur: «Nous savons tous qu’il y a un sérieux problème d e chômage à Conakry. Mais grâce à cette activité aujourd’hui, j’arrive à couvrir mes charges et à soutenir ma famille. Parfois je peux gagner 80.000, 100 000 jusqu’à 200.000».
Ainsi, le lac de Sonfonia n’est pas seulement un paysage. Il est un espace de vie, de travail et d’espoir. Un lieu où, chaque matin, des jeunes transforment les ressources naturelles en revenus, prouvant que même les eaux les plus calmes peuvent porter une dynamique économique bien réelle.
