Conakry. Quand le compteur prépayé règle le problème des factures d’électricité

Le 22/01/2026 à 09h57

VidéoDans les quartiers de la haute banlieue de Conakry, notamment le long de l’axe Le Prince, l’introduction du compteur électrique prépayé n’a visiblement pas suscité l’inquiétude redoutée.

Sur l’axe Le Prince à Conkary, la consommation de l’électricité est désormais perçue comme une question de gestion personnelle. Avec l’installation progressive des compteurs prépayés, les consommateurs disent mieux maîtriser leurs dépenses.

Médecin et responsable d’une structure sanitaire, Faya Tonguino affirme avoir constaté une nette réduction des charges liées à l’électricité: «Avant, on payait par mois ou tous les deux mois une somme qui pouvait aller jusqu’à 300.000 francs guinéens. Aujourd’hui, avec le compteur prépayé, on ne dépasse pas 50.000 francs par mois», explique-t-il. Selon lui, le principe est simple: «Plus tu consommes, plus tu dépenses. Si tu consommes moins, tu payes moins. Tout est calculé en kilowattheures, autour de 1.100 à 1.200 francs le kilowattheure».

Même constat chez Oumar Ndiaye, chef d’entreprise, qui se réjouit de la fin des factures jugées arbitraires. «Avant, il y avait des pannes à répétition, mais les factures continuaient d’arriver. Que tu aies le courant ou pas, tu payais. Aujourd’hui, si tu payes, tu consommes. Si tu ne payes pas, tu ne consommes pas», résume-t-il.

Toutefois, si le compteur prépayé favorise une meilleure éducation à l’usage de l’électricité, certains rappellent les réalités économiques du pays. Faya Tonguino souligne que «la majorité des Guinéens vit avec moins d’un dollar par jour». Pour lui, la fin du système collectif marque aussi la fin d’une solidarité forcée: «Avant, certains payaient pour les autres. Aujourd’hui, chaque bâtiment a son compteur et chacun est laissé à son propre sort».

Pour les usagers interrogés, le compteur prépayé fonctionne finalement comme un téléphone rechargeable. «Tu mets 100.000 francs et ça peut durer longtemps, alors qu’avant on pouvait t’envoyer une facture de 500.000 francs sans courant stable», insiste Oumar Ndiaye.

Un système qui, malgré ses limites, semble encourager une consommation plus responsable et plus transparente de l’électricité sur l’axe Le Prince.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 22/01/2026 à 09h57