Le matin comme le soir, le passage du train minier rythme la vie des habitants de Sonfonia. Sur les principales routes, la circulation s’interrompt temporairement. Automobilistes, motards et piétons marquent l’arrêt, le temps de laisser passer les wagons chargés de minerais de bauxite. Une scène devenue ordinaire, presque intégrée au quotidien.
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Dans les concessions situées à proximité des rails, cette cohabitation avec le train s’est progressivement installée. Pour Mamadou Dian Bah, il s’agit d’une réalité difficile mais acceptée, en lien avec les activités économiques du pays.
«C’est un fait, on ne peut rien faire pour le moment, dans la mesure où il s’agit d’une société minière qui, dans le cadre de ses activités, cause des nuisances. Bien évidemment, il y a des bruits qui nous dérangent, mais en réalité, on ne peut rien y faire. Chaque jour, pour ne pas dire en permanence, le train effectue au minimum deux à trois passages».
Si l’habitude s’installe, elle n’efface pas totalement les désagréments du quotidien. Les vibrations et le bruit du train continuent de susciter des inquiétudes, notamment pour les familles vivant à proximité immédiate des rails.
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Alpha Bangoura évoque notamment les impacts visibles sur les habitations et les craintes liées à la sécurité des enfants. «Quand le train passe, les vibrations provoquent des fissures sur les murs. Quand il klaxonne, le bruit est très fort et nous arrive directement aux oreilles. Quand je suis à côté, j’ai peur pour mes enfants. Et quand je ne suis pas là, je m’inquiète encore plus, parce qu’il n’y a personne pour les garder», confie-t-il.
Face à ces contraintes, les riverains développent des stratégies d’adaptation, en particulier pour sensibiliser les plus jeunes aux dangers. Là encore, Alpha Bangoura insiste sur le rôle des parents dans cet environnement marqué par les passages réguliers du train. «ça nous fait mal, mais comme on est habitués, on a accepté cette situation. Mais cela dérange quand même. Quand je suis arrivé ici, je n’avais pas d’enfants. Aujourd’hui, j’en ai, et je les encadre aussi. Ils connaissent les dangers du train, je leur explique. Ainsi, eux aussi s’y sont habitués. Quand le train arrive, lorsqu’ils sont dans la cour, ils s’arrêtent pour le laisser passer».
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Entre contraintes et adaptation, le train minier reste aussi le symbole d’une activité économique majeure. À Sonfonia, les habitants continuent ainsi de composer avec cette présence quotidienne, dans un équilibre où se mêlent résilience des populations et dynamique de développement.
