«Tout véhicule dont la plaque règlementaire est masquée ou modifiée sera conduit en fourrière. Sa restitution ne sera autorisée qu’après le retrait du dispositif de dissimilation et le paiement intégral de toutes amendes accumulées issues de la vidéoverbalisation», a déclaré le directeur des transports terrestres et de la circulation, en début de cette opération dénommée contrôle «zéro tolérance».
Ainsi depuis plusieurs jours, les routes ivoiriennes sont le théâtre d’une vaste opération de contrôle visant à traquer les plaques d’immatriculation frauduleuses. Conduite par la direction générale des transports terrestres et de la circulation (Dgttc) en collaboration avec la Police nationale et la Gendarmerie, cette initiative vient combattre l’incivisme routier et participe à une stratégie globale visant à réduire les accidents et à améliorer la traçabilité des engins en circulation.
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À Abidjan comme dans des localités de l’intérieur telles que Dabou, Daoukro ou encore dans la région du Tchologo, les équipes déployées ont procédé à des contrôles systématiques et stricts. Véhicules aux plaques modifiées, masquées ou carrément inexistantes: les infractions sont nombreuses. Plusieurs engins ont été immédiatement conduits en fourrière, leurs propriétaires contraints de se conformer à la réglementation avant toute restitution.
Selon les autorités ivoiriennes, cette phase répressive intervient après plusieurs campagnes de sensibilisation restées sans effet. «Nous avons assez sensibilisé, il fallait passer à l’action (…)», martèlent les responsables du secteur. L’objectif est clair: mettre fin à l’impunité et instaurer une discipline durable sur les routes ivoiriennes.
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Dans la capitale abidjanaise, de nombreux usagers de la route saluent l’initiative. Pour certains, cette opération est bien venue car elle vient permettre à «remettre de l’ordre» et contribuer à plus d’équité entre automobilistes. «Certains cachaient leurs plaques avec d’autres pour échapper aux amendes or en le faisant c’est l’économie du pays qui en partie. Aujourd’hui si l’opération est bien menée, tout le monde sera logé à la même enseigne», confie Abdoulaye Kader, un usager rencontre à Yopougon.
D’autres y voient un moyen de renforcer la sécurité. «Certaines personnes mettent des doublons de plaques d’immatriculation et vont s’impliquer dans des accidents et après se fondent dans la masse. Une fois débarrassé des plaques illégales, on pourra facilement identifier l’auteur d’une infraction ou d’un accident», se réjouit Jean Sehou, assureur automobile.
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La problématique d’utilisation de plaques d’immatriculation non conformes se pose également au sein de l’administration publique. «Conformément au principe d’exemplarité de l’Etat, les véhicules administratifs en infraction, dont les plaques d’immatriculation sont volontairement dissimulées, seront saisis et conduits à la fourrière administrative du bureau de gestion des véhicules administratifs».
L’opération «tolérance zéro», s’inscrivant dans la stratégie nationale de la sécurité routière, vise à lutter contre l’impunité des infractions, l’incivisme et renforcer la sécurité routière.




