Selon les dernières indications, le Cameroun perd chaque année environ 100 milliards de Fcfa en raison de l’exploitation illégale des forêts. Les pertes du Gabon se chiffrent à un peu plus de 180 milliards de Fcfa.
Des pertes équivalentes sont enregistrées dans les autres pays du bassin du Congo que sont le Cameroun, la République Démocratique du Congo, le Congo, la Guinée Equatoriale, le Gabon et la République Centrafricaine.
Cet écosystème planétaire se présente sous forme de «mosaïque de forêts, de savanes, de marécages, de rivières et de forêts inondées. On y trouve environ 10.000 espèces de plantes tropicales, dont 30% sont uniques à la région. Les espèces menacées, comme les éléphants de forêt, les chimpanzés, les bonobos et les gorilles de plaine et montagne peuplent ces forêts luxuriantes. Au total plus de 400 espèces de mammifères, 1.000 espèces d’oiseaux et 700 espèces de poissons ont trouvé refuge dans la zone. Depuis plus de 50.000 ans, le bassin du Congo fournit nourriture, eau et abri à plus de 75 millions de personnes».
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Plus de 26 millions d’hectares de couvert arboré ont été perdus entre 2001 et 2024. La République Démocratique du Congo (RDC) enregistre la plus forte perte, représentant plus de 60% de la forêt du bassin.
Selon plusieurs acteurs de la société civile rencontrés sur ce sujet, il ressort que la corruption, le non-respect de la loi, le favoritisme et le manque des instruments juridiques adaptés sont la cause de ce fléau qui fragilise le développement dans presque tous ces pays.
La Banque mondiale estime d’ailleurs que les coupes illégales du bois représentent jusqu’à 90% de l’ensemble des activités d’exploitation forestière dans le Bassin du Congo.
Le 31 mars, la Banque mondiale a approuvé une opération d’un montant de «394,83 millions de dollars qui permettra d’améliorer la gestion forestière et renforcer les chaînes de valeur forestières ainsi que créer 220.000 emplois au Cameroun, en République centrafricaine et en République du Congo. Cette première phase s’inscrit dans un programme plus vaste de 1,02 milliard de dollars visant à libérer les avantages économiques, climatiques et de moyens de subsistance du deuxième plus grand biome forestier tropical au monde.
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Pour Roger Darnel Nguema Ondo, juriste gabonais spécialiste des questions environnementales: «L’exploitation illégale d’une forêt désigne la coupe, le transport, l’achat ou la vente de bois en violation des lois nationales ou locales. Cette exploitation inclut aussi le vol de bois, l’exploitation sans permis et le non-respect des règles environnementales. Ce fléau qui est la cause majeure de la déforestation, alimente généralement le crime», A-t-il déclaré.
Ainsi, les différents acteurs de la société civile de la sous-région Afrique centrale multiplient des dénonciations pour contraindre les gouvernements à prendre des mesures fortes afin d’éradiquer ou tout au moins de réduire le nombre des cas d’exploitations illégales.
Pour plus d’efficacité, les organisations non gouvernementales comme Brainforest, Pulitzer Center, l’Institut des Ressources Mondiales (WRI) et bien d’autres, dans le cadre de la mise en œuvre du projet, «Technologies innovantes pour la lutte contre l’exploitation illégale du bois: mise à l’échelle des plateformes d’identification et de transparence du bois», appuyé par l’Agence Norvégienne de coopération au Développement (NORAD), a mis les journalistes à contribution.
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Des journalistes d’investigation ont été initiés à la manipulation des outils de recherches comme l’Open Timber Portal qui assure la surveillance communautaire de l’exploitation forestière dans le monde entier. Un vaste projet coordonné par l’organisation Field Legality Advisory Group (FLAG) et l’appui technique de l’Observatoire de la Gouvernance Forestière.
