Slaheddine Selmi, ancien secrétaire général adjoint, devient secrétaire général de l’organisation syndicale et succède à Noureddine Tabboubi, qui dirigeait l’UGTT depuis 2017.
La centrale avait été co-lauréate en 2015 du Prix Nobel de la paix pour son rôle dans la transition démocratique en Tunisie après la révolution de 2010-2011.
M. Selmi a été élu par le nouveau bureau issu du congrès qui s’est tenu du 25 au 27 mars à Monastir, sur la côte est du pays.
M. Tabboubi était fortement contesté par une frange du syndicat qui lui reprochait notamment un manque de transparence dans sa gestion. La crise avait mené M. Tabboubi à présenter sa démission en décembre, avant de la retirer un mois plus tard.
A l’ouverture du congrès, un groupe de frondeurs avait manifesté pour protester contre sa tenue.
Mercredi, Noureddine Tabboubi avait reconnu les difficultés auxquelles le syndicat fait face, affirmant que l’UGTT avait «attrapé la grippe» mais «reste solide».
Outre les tensions internes, la centrale syndicale est également sous pression du pouvoir. Le président Kais Saied - à qui elle avait apporté un soutien conditionnel lors de son coup de force en 2021 - a défendu des manifestants qui avaient réclamé le départ de ses dirigeants.
Début mars, le syndicat avait dénoncé une décision gouvernementale remettant en cause les prélèvements automatiques sur les salaires des cotisants, qu’il a perçue comme une menace existentielle pour son financement.
Fondée en 1946, la centrale a été un pilier des contestations contre la colonisation française (1881-1956) et le président Zine El Abidine Ben Ali (au pouvoir de 1987 à 2011).
