Les suspects arrêtés sont accusés «de trafic d’êtres humains, impliquant 1.800 personnes, ayant entraîné la mort de deux personnes et la disparition de 15 autres, ainsi que le détournement de plus de 2,16 milliards de birrs (environ 11,5 millions d’euros)», a annoncé mardi soir la police éthiopienne dans un communiqué.
Selon la police, les personnes arrêtées, qui recrutaient des passeurs, faisaient «miroiter de faux espoirs d’entrer en Europe et de vivre une vie meilleure après avoir traversé la Libye».
Mais lorsque les migrants se trouvaient dans ce pays, ils étaient retenus dans des entrepôts, ne recevant «que le strict minimum pour survivre et étaient contraints d’appeler leurs familles pour exiger d’importantes sommes d’argent», selon la police, qui affirme qu’elles «étaient retenues en otages jusqu’au paiement de la rançon».
L’Éthiopie est un important pays dit de départ: de nombreux Éthiopiens fuient la misère et les conflits qui ensanglantent depuis des années plusieurs régions du pays.
Outre, la route passant par la Libye, les candidats à l’émigration éthiopiens utilisent également «la route de l’Est». Entre janvier et septembre 2025, au moins 890 personnes sont mortes ou ont été portées disparues en empruntant cette route, entre la Corne de l’Afrique et le Yémen, soit deux fois plus que la même période l’année précédente.
Chaque année, des milliers de migrants africains empruntent cet axe dans l’espoir de rejoindre ensuite les pays pétroliers du Golfe, où ils espèrent travailler comme ouvriers ou employés de maison.
Début août, cinq personnes ont été condamnées à mort en Ethiopie pour trafic d’êtres humains. La peine capitale est peu appliquée dans le pays, et selon la Coalition mondiale contre la peine de mort (World Coalition Against Death Penalty, WCADP), la dernière remonte à 2007.
