Guinée-Bissau: saisie de vaccins contre l’hépatite B associés à une étude américaine controversée

Le 22/10/2026 à 08h50

La police judiciaire en Guinée-Bissau a saisi un lot de vaccins dans un établissement associé à un essai clinique, financé par les États-Unis et actuellement suspendu, de doses de vaccin contre l’hépatite B destinés à des nouveaux-nés.

Cette étude controversée - qui aurait porté sur 14.000 nouveaux-nés et aurait décidé si seulement une partie d’entre eux recevraient un vaccin contre l’hépatite B dès la naissance - a été suspendue dans l’attente d’autres revues techniques, avait indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en février.

«Dans sa forme actuelle, et sur la base des informations disponibles publiquement, l’essai n’est pas conforme aux principes éthiques et scientifiques établis», avait déclaré l’OMS.

Selon l’OMS, plus de 12% des adultes en Guinée-Bissau vivent avec une hépatite B chronique, et le taux d’infection chez les enfants âgés de moins de cinq ans (environ 2% en 2020) est bien supérieur à la cible mondiale.

La police judiciaire en Guinée-Bissau a indiqué avoir procédé lundi à «une opération de perquisition dans les locaux du Projet Santé de Bandim, à Bissau», la capitale, selon un communiqué.

«Cette intervention a abouti à la saisie d’un lot de vaccins contre l’hépatite B, destinés à la vaccination des enfants dans le pays», ajoute le communiqué.

Selon la police, cette opération «s’inscrit dans le cadre d’investigations visant à faire la lumière sur les circonstances entourant ce lot de vaccins», ainsi qu’à «préserver l’intérêt public et protéger la santé des enfants».

La saisie constitue un «acte d’enquête». «Elle ne permet pas, en soi, de conclure à l’existence d’irrégularités concernant la qualité, la sécurité ou l’efficacité des vaccins», ajoute la police.

Les vaccins ont été saisis au Projet Santé de Bandim, dirigé par des chercheurs danois en charge de l’essai sur l’hépatite B.

De précédents travaux de ces chercheurs ont étudié les risques présumés de vaccins, et leurs méthodes de travail avaient suscité des interrogations au sein de la communauté scientifique.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, sous la direction du ministre de la Santé de Donald Trump Robert Kennedy Jr - réputé pour ses positions anti-vaccins - avaient accordé une subvention de 1,6 million de dollars (1,4 million d’euros) pour cette étude sur le vaccin contre l’hépatite B en Guinée-Bissau.

Les services de Robert Kennedy Jr avaient alors indiqué que l’étude visait à «répondre à des questions sur les effets plus larges sur la santé» du vaccin et de «documenter des éléments de preuve manquants».

L’hépatite B est une maladie à l’origine de cirrhoses ou de cancer du foie.

Elle est à l’origine de centaines de milliers de décès dans le monde chaque année, selon l’OMS, qui indique que la transmission à la naissance est la voie la plus courante de l’infection à vie.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 22/10/2026 à 08h50