Guinée. «Pour monter au 3e étage, un vigile m’a portée sur son dos»: le difficile accès pour les personnes handicapées à un emploi

Personne handicapée en Guinée.

Le 15/02/2026 à 16h49

VidéoEn Guinée, de nombreuses personnes handicapées titulaires de diplômes peinent à trouver un emploi. Témoignages à l’appui, plusieurs membres d’un collectif dénoncent les discriminations, le manque d’accessibilité et l’absence d’opportunités réelles pour les personnes à mobilité réduite.

En Guinée, l’accès à l’emploi reste un défi majeur pour les personnes vivant avec un handicap, y compris pour celles qui disposent de qualifications.

Pharmacienne de formation, Mariama Kenda Barry explique comment son handicap constitue un frein dans ses démarches professionnelles. «J’ai été dans une pharmacie de la ville. J’ai déposé ma demande de stage. La personne m’a promis de revenir. Je suis revenue. Elle m’a dit: Ah, toi, je ne peux pas te prendre parce que tu es handicapée. Tu peux casser les sirops, les ampoules buvables. Il faut voir ailleurs. Ou bien tu fais le labo. Là-bas ça sera mieux pour toi».

Au-delà des refus, elle évoque aussi les difficultés liées à l’accessibilité des centres de test et concours «la salle qui m’a été désignée se trouvait au troisième étage, mais seule je ne peux pas prendre les escaliers. Des vigils ont essayé de m’aider. L’un d’eaux m’a portée sur son dos. À la descente aussi, ça a été la même chose. Nous rencontrons plein de difficultés aussi au niveau du marché d’emploi».

De son côté, Oumou Hawa Keita, gestionnaire d’entreprises touristiques, met en lumière une autre réalité: celle des stages qui s’éternisent sans débouchés concrets. «J’ai commencé à faire mon stage il y a quatre ans. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Mamadi Doumbouya en 2021, je travaille dans quelques ministères mais jusqu’à présent je suis stagiaire».

À travers ces témoignages, se dessine une même conclusion: malgré leurs compétences, de nombreux diplômés handicapés restent confrontés à des barrières structurelles. Entre manque d’infrastructures adaptées, discriminations et précarité professionnelle, leur insertion demeure un chantier encore largement ouvert.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 15/02/2026 à 16h49