Le couvre-feu commercial entrera en vigueur samedi pour une durée initiale d’un mois, a déclaré la semaine dernière le Premier ministre, Moustafa Madbouly.
«Les magasins, centres commerciaux, restaurants et cafés seront tous fermés en semaine à 21H00, à l’exception du jeudi et du vendredi» - soirs de week-end - «où nous les autoriserons jusqu’à 22H00», a-t-il précisé, justifiant ces mesures par l’alourdissement de la facture de gaz importé.
La veille de la guerre, «notre facture mensuelle était de 560 millions de dollars (environ 466 millions d’euros) par mois. Aujourd’hui, pour la même quantité», son prix passe à «1.650 millions» (environ 1,483 milliards d’euros), a détaillé M. Madbouly.
«Plus nous serons capables de rationaliser, plus, en tant que citoyens, nous aiderons à alléger pour l’Etat la facture mensuelle qu’il est obligé de supporter», a-t-il ajouté, soulignant que le pays devait travailler sur le «pire scénario» face à une guerre à l’issue incertaine.
Si les infrastructures essentielles — hôpitaux, stations d’eau et réseaux de transport — sont sanctuarisées, l’éclairage public et les enseignes publicitaires routières ont été réduits «au strict minimum».
Le plan d’austérité énergétique s’étend également aux bureaux administratifs qui devront cesser toute activité et éteindre leurs réseaux électriques dès 18H00.
En parallèle, le chef du gouvernement a dit étudier l’instauration d’un à deux jours de télétravail par semaine pour les fonctionnaires afin de réduire les coûts opérationnels.
Le Caire avait déjà dû concéder début mars une hausse des prix du carburant de plus de 30%, conséquence des frappes sur les infrastructures pétrolières régionales et des menaces pesant sur le détroit d’Ormuz, point de passage de 20% de l’approvisionnement mondial.
Le contournement des compagnies maritimes du Canal de Suez prive déjà Le Caire d’une source vitale de devises étrangères, alors que le pays, dont la monnaie a atteint son plus bas historique, tente de se relever de sa pire crise économique.
Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, a toutefois tenu à préciser que ces restrictions «ne toucheront pas les touristes», ni les destinations phares comme Hurghada, Louxor, Assouan ou Charm el-Cheikh, qui bénéficient d’une exemption totale, selon un communiqué de son bureau.
