Le bus qui quittait la ville de Bankass pour se rendre dans la capitale Bamako a été «intercepté par un groupe de jihadistes», a indiqué dans un communiqué Abdalah Togo, du Mouvement patriotique pour l’Unité et la Sauvegarde du Cercle de Bankass (MPUSCB).
«Plusieurs dizaines» de civils ont été «enlevés par des jihadistes présumés», a confirmé une source sécuritaire, ajoutant: «Les femmes et les enfants ont été libérés et les hommes conduits vers une destination inconnue».
Témoin de la scène, un homme qui passait sur la route au moment de l’attaque du bus a raconté à l’AFP avoir vu «cinq motos et six personnes.»
«D’autres (assaillants) étaient déjà dans le bus en train de contrôler les passagers. Ils portaient des armes de guerre, avec des turbans», a-t-il poursuivi.
«Personne ne s’attendait à cet énième enlèvement, car depuis trois mois, la circulation était normale», a déploré un élu local auprès de l’AFP jeudi.
Mais auparavant, les cars en provenance de Bankass étaient «souvent ciblés par des groupes armés», et «depuis environ trois ans», plusieurs ressortissants de Bankass ont été enlevés et «n’ont jamais été libérés», a-t-il expliqué.
Selon une autre source du village de Bankass, l’enlèvement aurait été mené en «représailles»: «Ils nous avaient avertis de ne pas nous mélanger aux villages qui n’ont pas signé d’accord avec eux».
Le Mali, dirigé par une junte après un double coup d’Etat en 2020 et 2021, est en proie depuis 2012 à une crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’EI, et de groupes criminels communautaires.
Les attaques jihadistes mettent à mal la rhétorique de la junte, qui affirme que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats étrangers et son effort militaire accru ont permis d’inverser la tendance face aux combattants radicaux islamistes.
Plus de la moitié des décès dûs au terrorisme dans le monde en 2024 ont été recensés au Sahel, selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié la semaine dernière par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace.