Maurice : l’ex-chef de gouvernement Pravind Jugnauth en garde à vue pour soupçons de corruption

Le premier ministre mauricien Pravind Jugnauth et son épouse Kobita Ramdanee.

Le 16/02/2025 à 17h35

Une perquisition a révélé des documents liés au couple Jugnauth, des montres de luxe et des sommes d’argent suspectes. La commission des crimes financiers a ordonné leur arrestation préventive, craignant une fuite du territoire.

L’ancien Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth, au pouvoir de 2017 à 2024, a été arrêté dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent dans cette île de l’océan Indien, une des démocraties les plus stables et les plus riches d’Afrique, a-t-on appris dimanche de source policière.

Les policiers ont interpellé samedi l’ancien chef de gouvernement, âgé de 63 ans, et sa femme Kobita Jugnauth, avant de les interroger pendant plusieurs heures, ont ajouté ces sources sous couvert de l’anonymat.

Si son épouse a été libérée, l’ancien chef de gouvernement a été maintenu dimanche en garde à vue. Il doit être présenté à un juge plus tard dans la journée. « Il a donné sa version des faits et nié les accusations à son encontre », a déclaré à la presse son avocat, Me Raouf Gulbul.

Membre d’une dynastie qui a dominé la politique mauricienne depuis l’indépendance obtenue du Royaume-Uni en 1968, M. Jugnauth avait reconnu en novembre sa défaite aux législatives face à l’Alliance du changement de centre-gauche menée par Navin Ramgoolam, chef du Parti travailliste âgé de 77 ans et ancien Premier ministre.

Selon un rapport de police consulté par l’AFP, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile d’un autre suspect et ont trouvé des documents portant les noms de Pravind et Kobita Jugnauth, des montres de luxe et des liasses de billets.

La commission des crimes financiers de l’île avait demandé samedi à la police d’arrêter le couple Jugnauth et deux autres suspects, s’ils tentaient de quitter le pays.

M. Jugnauth avait supervisé début octobre un accord « historique » entre Maurice et Londres sur la souveraineté de l’archipel des Chagos, vu comme un succès majeur pour le gouvernement mauricien après plus d’un demi-siècle de litige.

Le texte prévoit toutefois que « pendant une période initiale de 99 ans », Londres sera « autorisé à exercer des droits souverains » sur la base militaire américaine qui s’y trouve, sur l’île de Diego Garcia.

Arrivé au pouvoir en novembre, M. Ramgoolam a remis en cause l’accord, qui n’avait pas encore été ratifié, et rouvert les discussions pour obtenir de meilleures conditions.

Le nouveau Premier ministre a dit début février être parvenu à un nouvel accord « prêt à être signé » avec le Royaume-Uni sur le contrôle des îles Chagos, mais attendre l’avis de l’administration Trump sur ce texte remanié.

L’île, majoritairement hindoue, a connu une stabilité et une croissance remarquables depuis son indépendance, bâtissant son économie sur le tourisme, les services financiers et le textile.

Les analystes estiment toutefois que l’île doit diversifier son économie et s’inquiètent de la mauvaise gouvernance et de la corruption en hausse.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 16/02/2025 à 17h35

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