Cette réforme intervient dans un pays où le mobile est largement répandu. Selon le rapport Digital 2026 de DataReportal, la Mauritanie comptait 6,37 millions de connexions mobiles actives à la fin de 2025, soit environ 119 % de la population, tandis que près de 2 millions de personnes utilisent internet, principalement via le mobile. Le taux de pénétration d’internet est estimé à 40% de la population à la faveur de l’arrivée du câble sous-marin, mais freiné par le prix élevé des appareils .
Une crise face à laquelle plusieurs voix se sont levées pour demander aux autorités «la préservation simultanée de la sécurité des recettes fiscales, le respect des principes constitutionnels et les impératifs de maintien de la paix sociale».
Finalement, les parties ont trouvé un accord en vertu duquel «est levé l’obligation de déclaration du numéro EMEI, une exonération partielle sur les stocks et le paiement des frais de douanes à la charge des commerçants, plutôt que sur le dos des usagers du téléphone ou consommateurs, suivant des tranches comprises entre 2,3 et 5%», explique un document.
Mohamed Gleiguem, membre du collectif des négociateurs, rencontré au terme d’une réunion, ne cache pas sa satisfaction «nous avons trouvé un accord avec les autorités et nous les remercions vivement. Les téléphones seront dédouanés sur la base d’une tranche de 2 à 3% de la valeur de l’appareil. Les téléphones importés par les opérateurs mauritaniens, destinés aux marchés de la sous région ne seront pas dédouanés sur le territoire national».
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Yaghoub ould Soueiloum, vendeur de téléphones «après plusieurs semaines de manifestations, il y a eu un accord entre les parties. Je félicite les autorités par rapport à cette option, qui préserve les intérêts de tous. De 30%, les frais de dédouanement tombent désormais à 2 à 3%. C’est une bonne chose pour nos activités».
Échos identiques de la part de Betar Cheikh Mohamed El Mamy, vendeur de téléphones «après plusieurs sorties des jeunes dans la rue, les autorités et un collectif des vendeurs de téléphones sont parvenus à un compromis. Des milliers de jeunes travaillent ici. Un arrêt de leurs activités les aurait poussés à sortir dans la rue. C’est un bon compromis, mais ce serait encore mieux, si on supprimait toutes les taxes».
