Quelles sont les villes les plus intelligentes d’Afrique, selon IMD World Competitiveness Center

Rabat ville.

Le 06/04/2026 à 14h24

L’IMD World Competitiveness Center, un institut universitaire suisse, a publié son classement mondial du Smart City Index 2026 des villes intelligentes. Parmi les 148 villes étudiées, seules neuf sont africaines, attestant de l’ampleur des efforts qui restent à déployer pour hisser les cités du continent au niveau mondial. Rabat, capitale du Maroc, est la ville la plus intelligente du continent.

L’IMD World Competitiveness Center a publié son classement mondial du Smart City Index 2026 des villes intelligentes, un indice qui mesure les aspects économiques et technologiques des villes intelligentes et leurs dimensions humaines (qualité de vie, environnement et inclusion).

Une ville intelligente est définie comme une zone urbaine où la technologie et la collecte des données contribuent à améliorer la qualité de la vie ainsi que la durabilité et l’efficacité des opérations municipales.

Ces technologies des villes intelligentes, qui incluent les technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’Internet des objets (IdO), jouent un rôle de plus en plus important dans divers domaines dont les transports, l’énergie et l’infrastructures. Les technologies de collecte de données sont au cœur des initiatives de villes intelligentes et des avantages qu’elles permettent.

Les données aident les municipalités à améliorer la planification urbaine et le déploiement des services municipaux, de la gestion des déchets aux transports publics. Au fur et à mesure qu’elle met à jour ses systèmes et ses structures pour intégrer ces technologies, une ville devient plus intelligente.

Les solutions des villes intelligentes peuvent être un moteur de croissance économique, sachant que l’amélioration des infrastructures et l’innovation technologique peuvent favoriser la création d’emplois et d’opportunités commerciales.

Pour effectuer son classement, IMD World Competitiveness Center évalue la performance des technologies urbaines et des infrastructures dans cinq domaines clés: santé et sécurité, mobilité (transport public, fluidité des transport…), activités (espaces verts, activités culturelles…), opportunités (travail, éducation…) et gouvernance.

Chaque ville est évaluée selon deux piliers: les structures (infrastructures, services publics et gouvernance) et la technologie (services numériques et solutions digitales accessibles aux citoyens).

L’indice des villes intelligentes repose uniquement sur les réponses à l’enquête des résidents d’un groupe hétérogène de villes. «Afin de garantir la précision des résultats et d’atténuer l’influence des valeurs aberrantes potentielles, nous utilisons une moyenne mobile sur trois ans des perceptions des résidents», souligne le rapport de l’Institut international pour le développement du management (IMD), ajoutant que dans l’optique de comparer des environnements similaires, «les réponses sont calibrées en fonction du contexte local grâce à l’intégration de l’indice de développement humain infranational (IDH) au niveau de la ville».

Selon IMD World Competitiveness Center, «la performance urbaine repose sur un ensemble de relations profondes, à savoir, des interactions qui se renforcent mutuellement entre les institutions, les habitants et l’infrastructure qui en découle». En clair, pour qu’une ville soit intelligente, il est nécessaire qu’il y ait un alignement tripartite: institutions, confiance et infrastructure.

Ainsi, l’indice SCI est un outil précieux pour comprendre comment les villes les plus performances (Zurich, Oslo, Singapour, Dubaï…) réussissent non seulement grâce à leur innovation technologique, mais aussi parce qu’elles maintiennent l’alignement entre les priorités politiques, le développement technologique et les attentes du public.

Bref, l’indice mesure ainsi moins l’innovation technologique brute que la capacité à répondre aux besoins quotidiens des citadins (mobilité, sécurité, accès aux services, opportunités) à travers des dispositifs jugés efficients.

Ainsi, pour établir son classement des villes les plus intelligentes en 2026, l’Institut international pour le développement du management (IMD) a réparti les 148 villes en quatre groupes en fonction du score de l’IDH (SHDI) du Global Data Lab de la ville dont elles font partie.

Au sein de chaque groupe, les villes se voient attribuer une échelle de notation allant de «AAA» à «D» basée sur leur score de perception par rapport aux scores de toutes les autres villes du même groupe.

Ainsi, pour le groupe 1 (quartile SHDI le plus élevé) l’échelle est AAA-AA-A-BBB-BB, pour le groupe 2, l’échelle est A-BBB-BB-B-CCC, pour le groupe 3 l’échelle est BB-B-CCC-CC-C et, enfin, pour le groupe 4 (quartile SHDI le plus bas), l’échelle est: CCC-CC-C-D.

En fonction des notes obtenues pour chaque pilier par chaque ville, un classement général des 148 villes est faite. Selon le classement de l’indice IMD 2026, c’est Zurich (Suisse) qui est la ville la plus intelligente de la planète. Notée AAA, elle devance Oslo Norvège), Genève (Suisse), Londres (Royaume-Uni), Copenhague (Danemark), Dubaï (Émirats arabes unis), Lausanne (Suisse), Cambera (Australie), Singapour et Abu Dhabi (Émirats arabes unis).

Dans ce classement, le continent africain est très faiblement représenté. En effet, sur les 148 villes classées, on en compte que neuf africaines, pire elles se situent toutes en bas du classement.

Et c’est Rabat (Maroc) qui est la mieux classée en se hissant au 123e rang mondial avec un rating «C». La capitale du Royaume du Maroc a décroché les notes C au niveau des structures et des technologies.

La capitale marocaine a obtenu les notes moyennes de 55,7% concernant les structures (infrastructures, services publics et gouvernance) et 59,9% pour ce qui concerne les technologies (services numériques et solutions digitales accessibles aux citoyens).

Cette reconnaissance s’explique par l’alignement de la ville avec les critères précis retenus par l’indice, centrés sur la gouvernance, les infrastructures et la perception des habitants.

Les politiques d’aménagement, la qualité perçue des services publics et l’accès aux infrastructures ont joué un rôle dans les réponses des habitants interrogés et influé sur le classement de la capitale du Maroc.

Parmi les neuf cités africaines, Rabat devance Le Caire (125e), Cape Town (127e), Alger (128e), Abuja (131e), Nairobi (136e), Lagos (138e), Accra (142e) et Tunis (146e).

Classement des neuf villes africaines du Top 148 des villes les plus intelligentes au monde

VilleRang mondialPaysSmart City RankSmart City RatingStructuresTechnologies
Rabat124eMaroc124eCCC
Caire125eÉgyptye125eCCC
Cape Town127eAfrique du Sud127eCCC
Alger128eAlgérie128eCCC
Abuja131eNigeria131eCCC
Nairobi136eKenya136eCDC
Lagos138eNigeria138eDDD
Accra142eGhana142eDDD
Tunis146eTunisie146eDDD

Source: IMD World Competitiveness Center

Par Moussa Diop
Le 06/04/2026 à 14h24