Des sources humanitaires ont fait état de plusieurs sites visés et de plusieurs personnes tuées mercredi matin, mais l’AFP n’a pas été en mesure de déterminer le bilan avec certitude à ce stade, ni l’origine exacte de ces frappes.
Le M23 («Mouvement du 23 mars») s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes pans de territoire dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC), riche en ressources et ravagée depuis trente ans par des conflits.
Les forces de Kinshasa sont positionnées à plusieurs centaines de kilomètres de Goma, et mènent régulièrement des frappes de drones à longue portée sur les positions du M23 dans l’est.
Le M23 fait également usage de drones kamikazes sur le front, selon des sources sécuritaires.
Des détonations ainsi que des bruits de drones ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi dans des quartiers résidentiels de Goma, capitale de la province orientale du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda au bord du lac Kivu, selon des témoins.
Maison gravement endommagée
Une maison ciblée par une frappe a été gravement endommagée, partiellement incendiée, et sa toiture détruite, a constaté un correspondant de l’AFP présent sur place.
Des éclats ont touché des maisons voisines, dont les vitres étaient soufflées.
Un humanitaire présent à proximité de cette maison pendant la frappe a affirmé à l’AFP avoir entendu deux explosions, une première précédée par un bruit de drones, puis une seconde, suivie par le bruit d’un drone s’éloignant du site.
Des pompiers, des personnels de la Mission des Nations-unie, et des responsables du M23 étaient également présents sur le site mercredi matin.
Les secours déployés sur place ont fait état d’au moins une personne tuée dans cette frappe. Aucun débris de drone ou de projectile n’a été identifié à ce stade, selon eux.
La RDC et le Rwanda ont entériné début décembre un fragile accord de paix sous l’égide de Washington, qui n’a pas mis fin aux combats.
L’Angola, un autre médiateur dans le conflit de l’est, a proposé à Kinshasa et au M23 d’observer un cessez-le-feu à compter du 18 février, sans plus d’effet sur le terrain.
Les États-Unis ont annoncé début mars des sanctions contre l’armée rwandaise pour son soutien M23 dans l’est.
Début mars, le M23 a annoncé la mort de l’un de ses porte-paroles, Willy Ngoma, dans une frappe de drone à proximité du site minier de Rubaya, situé dans la province du Nord-Kivu, et sous le contrôle du M23 qui en tire d’importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais, notamment du coltan.




