Sénégal: comment Ramadan dicte son rythme de vie

Dakar et la mosquée marocaine de la capitale sénégalaise.

Le 16/02/2026 à 15h38

VidéoLe mois béni de Ramadan approche à grands pas et à Dakar comme partout au Sénégal, les habitudes s’adaptent à ce mois de jeûne. L’ambiance des rues est plus apaisée, les commerces attendent la grande ruée et les vœux de piété appellent à la bénédiction divine.

Dans son salon de coiffure, entre sèche-cheveux et éclats de rire étouffés, Astou, coiffeuse et mère de famille, ne cache pas son attachement à la portée morale de ce mois sacré. Pour elle, le Ramadan est d’abord un temps de retour à l’essentiel. «Nous préparons le Ramadan en priant Dieu de nous permettre de l’entamer en paix et de le terminer également en paix. Mon message s’adresse aux jeunes filles qui s’habillent n’importe comment. Je leur demande de se conformer aux prescriptions de l’islam et de ranger les habits indécents. Le mois béni ne dure que 30 jours, qu’elles fassent un peu d’effort.»

À quelques rues de là, Modou Lo, styliste ongulaire, tatoueur et esthéticien, observe une autre réalité. Pour lui, Ramadan rime souvent avec ralentissement de l’activité. Mais loin de s’en plaindre, il y voit une opportunité spirituelle. «Nous ferons le nécessaire pour nous conformer aux prescriptions. Pour moi qui travaille dans l’esthétique, je ne vois pas beaucoup de clients durant le Ramadan, à part certaines personnes qui ont des cérémonies familiales ou peut-être des chrétiens qui ne sont pas concernés par le jeûne musulman. Moi, j’en profite pour retourner à Allah et redoubler d’adoration envers Lui.»

Au marché, l’ambiance est encore timide, mais les étals sont déjà bien garnis. Les commerçants anticipent l’affluence des prochains jours.

Ibrahima, commerçant, assure que les dispositions ont été prises. «Cette année, nous nous sommes conformés aux directives du gouvernement. Nous avons fait le plein et vendons aux prix recommandés. Les consommateurs n’auront pas à se plaindre, s’ils ne manquent pas d’argent bien sûr. Le marché est bien approvisionné et les prix ont été réduits par le gouvernement. Il n’y a aucune pénurie à déplorer. Nous qui nourrissons nos familles grâce à nos activités avons intérêt à ce que les clients viennent en nombre, et avec la réduction des prix, nous l’espérons vivement.»

Au Sénégal, le Ramadan ne se limite pas à l’abstinence alimentaire. Il transforme les rythmes, questionne les comportements et réorganise l’économie du quotidien. Trente jours durant, foi, discipline et solidarité s’entrelacent, dessinant un pays à la fois plus lent… et plus intense.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 16/02/2026 à 15h38