L’étudiant est décédé sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) dans des circonstances encore non élucidées pendant une intervention policière après plusieurs jours de manifestations violentes, suscitant l’émoi dans le pays.
Régulièrement, les étudiants de cette prestigieuse université ouest-africaine manifestent pour réclamer le paiement d’arriérés de bourses, heurts sporadiques avec les forces de l’ordre à la clé.
Lors d’une réunion d’urgence du conseil académique de l’UCAD mercredi, il a été décidé de «suspendre, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, les amicales d’étudiants» pour «la sécurité des personnes et la préservation des biens dans l’espace universitaire», a indiqué l’université dans un communiqué.
Un comité sera chargé de proposer des solutions pour que les étudiants soient représentés au sein des instances universitaires.
Le conseil académique s’est dit «profondément affecté par ce drame».
Des vidéos filmées par des étudiants et diffusées sur les réseaux sociaux dans la nuit de lundi à mardi témoignent de la violences des heurts à l’UCAD entre forces de sécurité et étudiants.
Sur certaines images, des membres des forces de sécurité sont vus en train de pénétrer dans l’enceinte de l’université, tirant du gaz lacrymogène dans les pavillons tandis que des étudiants ripostent avec des jets de pierre.
Sur l’une d’elles, authentifiée par l’AFP, on voit des policiers frapper avec des matraques un homme hurlant.
Le collectif des amicales de l’UCAD, qui avait décrété une journée sans manifestations lundi, a accusé les forces de l’ordre d’avoir «tiré sur des étudiants» et d’avoir «défoncé les portes des pavillons en tabassant les étudiants».
Selon ce collectif, Abdoulaye Ba, l’étudiant décédé lundi, a «été brutalement torturé à mort par les policiers».
Lors d’une conférence de presse, le gouvernement a qualifié de «tragédie» le décès de l’étudiant et admis des «bavures policières».
Mais le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé a aussi justifié l’intervention de lundi en accusant des étudiants d’avoir voulu détruire des infrastructures de la cité universitaire, vidéos à l’appui.
Le calendrier universitaire connaît depuis plusieurs années des perturbations provoquant un chevauchement entre les différentes années académiques. A cause de cette situation, les étudiants boursiers peuvent rester des mois sans percevoir leurs bourses.
