Sénégal. «Qu’ils osent nous regarder dans les yeux et dire que le prix de l’électricité a diminué»

Le prix de l’électricité fait grincer des dents au Sénégal.

Le 15/02/2026 à 15h09

Vidéo«Le prix de l’électricité va baisser à partir du 1er janvier 2026. Cette mesure va concerner près d’un million deux cent mille foyers.» déclarait il y a quelques mois le Premier ministre Ousmane Sonko. Quarante-cinq jours après l’entrée en vigueur de la mesure, de nombreux chefs de famille disent ne constater aucune différence sur leurs factures.

Assis dans sa boutique, Waly Dia, cordonnier et père de famille, s’interroge sur ce qui a réellement changé dans sa consommation habituelle. «Qu’ils osent nous regarder dans les yeux et dire que le prix de l’électricité a diminué. C’est cher. Moi, j’ai un appartement de trois chambres et rien n’a diminué dans ma consommation mensuelle. Nous sommes en période de froid, donc la consommation est réduite, mais malgré cela, le compteur prépayé nous coûte très cher. Les charges sont lourdes

Un peu plus loin dans la même rue, Fanita, vendeuse d’habits d’occasion, travaille pour soutenir ses parents. Elle déplore les lourdes charges auxquelles ils sont confrontés au quotidien. «Je vis chez mes parents, mais je les plains. On se débrouille pour apporter notre contribution, mais on sait que c’est difficile pour eux et que l’électricité absorbe une grande partie des revenus des familles. Il faut vraiment que ce gouvernement aide les chefs de famille face à toutes ces charges: l’électricité, l’eau, le loyer, la scolarité des enfants. C’était une promesse de réduire significativement le coût de l’électricité, mais on ne sent aucune différence

Au-delà de l’électricité, c’est plus largement le coût de la vie à Dakar qui est pointé du doigt. Les autorités sont invitées à mettre en pratique leurs engagements pour soulager les chefs de famille, déjà confrontés à de lourdes dépenses et à des difficultés professionnelles persistantes. Waly Dia conclut: «La vie est de plus en plus chère. Les gens sont fatigués. Les chefs de famille doivent assurer les trois repas quotidiens et faire face aux charges fixes, et voilà que nous nous dirigeons vers le Ramadan. C’est dur de vivre au Sénégal. Qu’on le dise ou non, le peuple souffre

Entre promesses gouvernementales et réalités quotidiennes, le fossé semble persister. Pour de nombreux ménages, la baisse annoncée tarde encore à se faire ressentir.

Par Mamadou Awa Ndiaye (Dakar, correspondance)
Le 15/02/2026 à 15h09