«Le Cameroun n’a pas besoin de truquer l’âge des joueurs. Nous sommes une très grande nation de football et les grands pays nous respectent pour cela. Nous sommes les premiers en Afrique à atteindre les quarts de finales d’une Coupe du monde et les seuls Africains à avoir battu le Brésil dans un match officiel», tels sont les propos d’un Camerounais rencontré au quartier Cité-verte à Yaoundé. Jean Bernard, puisqu’il s’agit de lui, était visiblement remonté contre ce qu’il considère comme de fausses accusations portées sur son pays au sujet du trucage de l’âge de ses jeunes footballeurs.
La dernière accusation en date est celle portée par la République centrafricaine lors du championnat des moins de 17 ans de l’Union des Fédérations de Football d’Afrique Centrale (Unifac). En effet les Lionceaux camerounais avaient infligé une sévère correction à la RCA, 9 buts à 0 en ouverture de cette compétition sous-régionale. Une raclée que les dirigeants de la fédération centrafricaine de football n’avaient pas digérée, accusant le Cameroun d’avoir menti sur l’âge de ses joueurs.
Depuis lors, ce sujet est largement débattu à Yaoundé comme dans d’autres villes du pays. Si de nombreux citoyens reconnaissent que la falsification des actes de naissance est l’une des tares qui gangrènent la société dans le pays, d’autres mettent plutôt en relief les mécanismes sophistiqués de la CAF et la FIFA dans la vérification et l’authentification des âges des joueurs et des méthodes d’enrayer les différents trafics.
D’anciens footballeurs comme Georges Nko’o relèvent que le phénomène de réduction des âges des jeunes footballeurs ne concerne pas seulement l’Afrique mais qu’il est monnaie courante dans les autres continents. Pour l’analyste des sports, Fabien Bobo, le continent africain gagnerait à créer de grands centres de formation et de détection des jeunes talents.