Les Léopards de la RDC ont battu la Jamaïque 1-0 après prolongation mardi à Guadalajara (Mexique).
Dans les quartiers de Kinshasa, mégapole de 17 millions d’habitants, les supporters ont déferlé dans les rues dès le coup de sifflet final, dans un concert de marmites, de klaxons et de sifflets.
«On a mouillé le maillot, sous la pluie!» lance Béni Ilé, supporter aux épaules recouvertes d’un drapeau de la RDC détrempé.
«Mercredi, on va pas travailler, ce sera une fête nationale, on va fêter et profiter toute la nuit, parce qu’on attendait depuis 50 ans, on est là jusqu’au petit matin!» se réjouit-il.
Dès mardi matin, nombre d’habitants de la capitale de la RDC arboraient le maillot bleu ciel de leur équipe nationale, qui n’avait plus disputé le mondial depuis 52 ans.
Le soir, ils étaient plusieurs centaines réunis sur une place située au bord du Boulevard du 30 juin, au centre-ville.
A l’instar des joueurs du sélectionneur français Sébastien Desabre, les supporters sont restés patients dans un match sans rythme, et dominé par leur équipe.
Et alors que les minutes s’écoulaient dans un silence pesant, entrecoupé par des rares élans quand les Léopards se sont vus refuser deux buts pour hors jeu, la pluie s’est invitée dans la partie.
Pas de quoi doucher l’enthousiasme de centaines de fans, certains de la qualification de leur équipe.
Les uns assis par terre sous l’averse, les autres tenant des tables en plastique au dessus de leur tête, ils sont restés rivés aux écrans ruisselants, malgré les interruptions du signal.
Jusqu’à la délivrance: un but sur corner d’Axel Tuanzebe à la 100e minute, synonyme d’une deuxième qualification historique.
«Fimbu! Fimbu» («coup de fouet», synonyme de «punition») scande alors le public réfugié sous des auvents ou des parasols, qui attend avec inquiétude la 120ème minute.
Unité nationale
Au coup de sifflet final vient la délivrance, et un rare moment d’unité nationale dans un pays marqué par trente années de conflits et la résurgence du groupe armé M23 qui s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’est, avec le soutien de l’armée rwandaise.
«C’est vraiment exceptionnel, on est très fiers des Léopards aujourd’hui pour cet exploit», s’exclame Mérou, originaire de Goma, grande ville de l’est de la RDC tombée aux mains du M23 en janvier 2025.
«Cette victoire va unifier le Congo, parce que les Léopards, c’est le seul moment où les Congolais sont Congolais pour de vrai, et on espère que tout le pays va en profiter», ajoute-t-il, sous l’averse.
Dans les rues voisines, les voitures foncent sur le tarmac détrempé, drapeaux congolais aux fenêtres, klaxonnant à tout-va.
«On mérite un instant de bonheur, en dehors des coups de feu, il faut s’unir aussi», estime Maclain, une supportrice.
La RDC, qui avait éliminé lors des barrages africains les géants camerounais et nigérians, qualifie une dixième équipe du continent pour la première édition de la Coupe du monde à 48 participants.
Les Léopards rejoignent le groupe K du Mondial coorganisé par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (11 juin - 19 juillet), avec la Colombie, le Portugal et l’Ouzbékistan.
