Pour concilier devoir religieux et exigences sportives, il faut adapter le rythme. Une discipline que connaît bien Ousmane Théophile Nguer, footballeur à l’académie Jeunes Espoirs de Dakar Plateau. «Le Ramadan demande un rythme d’entraînement bien particulier. Nous alternons les mouvements en réduisant l’intensité de 50%, car le corps ne répond pas à 100% en raison du manque de nourriture et donc d’énergie. Nous nous adaptons donc à la situation en limitant le temps d’entraînement.»
Sur le terrain, l’ambiance est studieuse. Entre encouragements et éclats de rire, ces jeunes joueurs affichent un mental d’acier.
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Pour eux, le véritable défi se joue autant dans le corps que dans l’esprit. «Comme on dit, la faim est d’abord dans la tête. Nous essayons de ne pas trop y penser, et cela aide beaucoup. À Dakar, nous avons aussi une chance: il n’est pas trop difficile de jeûner. Le climat est favorable et l’on peut passer toute la journée sans trop ressentir la soif. Ici, sur la corniche, nous profitons de la brise marine: l’air est frais, ce qui fait du bien aux poumons et nous procure le bien-être nécessaire pour poursuivre nos entraînements et affronter le jeûne», confie Ousmane Théophile Nguer.
La séance dure environ deux heures. Deux heures pendant lesquelles l’essentiel est fait: échauffement, courses, exercices techniques et jeu de ballon. Mais le chronomètre tourne vite en cette période particulière.
Après l’effort, il faut déjà penser à rentrer pour honorer d’autres obligations. «Nous nous entraînons généralement entre 15 heures et 17 heures. Cela nous laisse ensuite environ deux heures pour rentrer, préparer la rupture du jeûne, mais aussi rattraper les heures de prière», explique le jeune joueur, au nom de ses coéquipiers.
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Sur cette corniche balayée par la brise de l’Atlantique, ces jeunes footballeurs prouvent qu’entre foi, discipline et passion du jeu, aucun obstacle n’est insurmontable.
Et si le Ramadan impose un rythme différent, il semble aussi forger l’endurance mentale de ces apprentis champions. Car ici, sous le soleil de Dakar, chaque entraînement est déjà une victoire sur soi-même.




