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Algérie: la supercherie d'une usine d'assemblage automobile qui ne monte que des roues

Mise à jour le 24/03/2017 à 17h11 Publié le 24/03/2017 à 13h56 Par Mar Bassine

#Economie
Algérie. Supercherie: l'usine d'assemblage Hundai ne monte que les roues
© Copyright : DR

#Algérie : L'usine censée monter des véhicules Hyundai est une coquille vide. On y monte que des roues sur des voitures qui arrivent toutes prêtes. Les réseaux sociaux dévoilent le pot aux roses. Le projet de faire de l'Algérie un pays producteur de véhicules automobiles semble faire pschitt...

Kiosque le360 Afrique. Il n'y a qu'en Algérie qu'arrivent ces choses-là. Sans les réseaux sociaux, personne n'aurait été au courant, malgré la gravité des faits. Car, du côté d'Alger, on sait bien camoufler les faits; surtout quand ils sont reliés aux intérêts d'un oligarque comme Mahieddine Tahkout, proche du clan Bouteflika. 

Mais depuis quelques jours, l'affaire est portée au grand jour. Des photos font le tour du Web, montrant la ridicule supercherie montée par l'auteur, l'homme d'affaires algérien Tahkout. Sur les nombreuses images qui circulent, on découvre que la supposée usine de montage de la Tahkout manufacturing company (TMC) n'est en réalité qu'une coquille vide. 


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TMC qui est censée assembler et monter en Algérie des véhicules de marque Hyundaï les importe en l'état, à un détail près. Les voitures arrivent en Algérie bien emballées dans des conteneurs et prêtes à circuler. Il ne manque que les roues qui sont acheminées par une voie différente. De sorte que, quelques tours de clé à pipe ou de clé à croix suffisent pour finir le travail de montage.

Algérie. Supercherie: l'usine d'assemblage Hundai ne monte que les roues
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Autant dire que le taux d'intégration est en réalité nul, voire négatif, puisqu'en lieu et place d'une création de valeur ajoutée, il y a plutôt destruction de PIB . En effet, l'importation de ces voitures coûte cher.  Du fait d'un recours inutile aux conteneurs dont l'étroitesse occasionne des dégâts sur la peinture, il faut utiliser un emballage plastique pour éviter les égratignures. Par ailleurs, le montage ne se ne faisant pas dans des conditions optimales, le coût final du véhicule s'avère beaucoup plus élevé que s'il était entièrement réalisé sur place en Corée du Sud, puis exporter vers l'Algérie.

Pour comprendre les raisons de ce micmac, il faut revenir aux nouvelles règles mises en place par les autorités algériennes prises à la gorge à cause de l'épuisement progressif des réserves de change. En effet, les importations de véhicules automobiles sont interdites et tous les concessionnaires ont été sommés de se lancer dans le montage local, en contrepartie de quoi, ils bénéficient d'exonérations fiscales. 

A qui profite tout cela, se demandent beaucoup d'internautes. Aux caciques du régime et à leurs protégés bien sûr. Car, en réalité, répond Algérie Focus, "avec de telles pratiques, le groupe Tahkout arnaque toute honte bue l’Etat puisqu’il bénéficie d’un important abattement fiscal depuis le lancement de cette usine".

Or, on est très loin des conditions exigées par le cahier de charges en matière de montage de véhicules pour bénéficier de telles largesses de l'Etat. "En échange des exonérations fiscales, il est exigé des propriétaires de ces usines un taux d’intégration d’au moins 15% au terme de la 3e année, et un taux à 40% au bout de la 5e année de production", rappelle le site d'information.


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Pour se défendre et se dédouaner de cette tricherie, le groupe Tahkout balance ses deux concurrents, qui montent les marques Renault et Volkswagen. Selon son communiqué diffusé jeudi 23 mars, “TMC a commencé par l’assemblage des véhicules comme l’ont fait précédemment deux autres constructeurs de renommée mondiale en Algérie en appliquant le principe du SKD qui demeure le plus simple et le plus adapté à notre pays, dans le sens où il applique une formule d’assemblage de kits assez simple”.

Evidemment, Mahieddine Tahkout, riche oligarque, qui finance le Rassemblement national démocratique (RND) d'Ahmed Ouyahya à coups de millions de dinars et protégé d'Abdasalam Bouchareb, ministre de l'Industrie de son état, ne convainc que lui-même. C'est visiblement trop gros pour passer. 


Le 24/03/2017 Par Mar Bassine