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Algérie: Bouteflika ne reçoit pas le prince saoudien MBS à cause d'une "grippe aiguë"

Mise à jour le 03/12/2018 à 15h56 Publié le 03/12/2018 à 15h38 Par Mar Bassine

#Politique
Algérie: le prince héritier saoudien MBS accueilli par la maudite "grippe" de Bouteflika
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#Algérie : Alors que le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane est en Algérie pour une "visite de travail", le président Bouteflika a chopé une "grippe aiguë" l'ayant empêché de le recevoir. Après la visite annulée d'Angela Merkel en 2017 pour les mêmes raisons, on assiste au remake d'un mauvais film.


Mohamed Ben Salmane, le prince héritier saoudien, a eu droit à la pièce de théâtre favorite que joue la résidence présidentielle médicalisée algérienne de Zerada à tous ses invités: celle du Malade imaginaire, avec  dans le rôle d'Argan, Abdelaziz Bouteflika himself. Sauf qu'ici, Abdelaziz Bouteflika est bel et bien souffrant. C'est son entourage qui ne s'en contente pas et lui invente quelque affection supplémentaire pour en rajouter à son incapacité patente à recevoir ses hôtes. 


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Cette fois c'est le prétexte d'une "grippe aiguë" qu'ils ont trouvée pour expliquer le lapin posé par Bouteflika à MBS. Dans une lettre des plus solennelle transmise à l'Agence de presse et de service, la présidence algérienne donne cette explication tarabiscotée.

"Alité du fait d’une grippe aiguë, Son excellence Monsieur le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, n’a pu recevoir comme prévu le Prince héritier d’Arabie Saoudite, Son excellence Mohamed Ben Salmane, en visite de travail en Algérie", écrit le document. 

Tout est évidemment fait pour minimiser la grave maladie qui empêche Bouteflika de s'adresser aux Algériens depuis 2013, ne lui permet plus d'acréditer de nouveaux ambassadeurs et ne l'autorise plus à apparaître à la télévision que quelque secondes, selon des plans et des coupes soigneusement étudiés.


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Ainsi, cette prétendue "grippe aiguë" est appelée simple "empêchement" pour lequel "l’illustre invité a formulé ses meilleurs vœux de prompt rétablissement". 

L'année dernière, quand Angela Merkel devait se rendre en Algérie, elle aussi avait eu droit à la même pièce et aux mêmes acteurs, seule la maladie imaginaire était légèrement différente. En effet, l'entourage de Bouteflika avait alors parlé de "bronchite aiguë". A croire que ces "grippes, "bronchites" et autres "affections aiguës" n'affectent Bouteflika qu'à la veille de la visite de personnalités de premier plan auprès du président algérien... 
Le 03/12/2018 Par Mar Bassine