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Algérie. Exploitation du gaz de schiste: le ministre Chitour prend Tebboune à contre-pied

Mise à jour le 15/09/2020 à 17h56 Publié le 14/09/2020 à 17h53 Par Karim Zeidane

#Politique
gaz de schiste
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#Algérie : Le ministre de la Transition énergétique, Chems-Eddine Chitour, vient de prendre une position courageuse sur l’exploitation du gaz de schiste, mais qui va à l’encontre de celle du président Tebboune qui souhaite la voir démarrer en dépit des conséquences environnementales.

«Je ne comprends pas les gens qui veulent nous dissuader de profiter de cette richesse, le gaz de schiste est nécessaire», avait déclaré Abdelmadjid Tebboune, lors d’une rencontre avec les médias algériens, le 22 janvier dernier, soit quelques semaines après son élection à la tête de l’Algérie. Il annonçait être en faveur de l’extraction et de l’exploitation du gaz de schiste, étalant de nombreux arguments pour justifier sa décision. Ce qui avait suscité la colère des populations d’In Salah, dénonçant les risques environnementaux.

Aujourd’hui, c’est le ministre de la Transition énergétique et des énergies renouvelables, Chems-Eddine Chitour, qui prend à contre-pied le président Tebboune, dans un entretien à Le Soir d'Algérie en affichant son opposition à l’exploitation du gaz de schiste dans le Sud algérien et en expliquant pourquoi. 

D’abord, le ministre fait valoir les risques de pollution sur le plan écologique et environnemental, rappelant que le Sahara algérien renferme «une nappe phréatique de 45.000 milliards de mètres cubes d’eau douce, une faune, une flore et des gens qui sont là depuis la nuit des temps». La région a déjà subi subi les pires désastres, dont les essais nucléaires français, et «on veut encore abîmer le Sahara par une technologie qui n’est pas mâture», déplore-t-il.


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Ensuite, le ministre souligne que la technologie utilisée pour l’exploitation du gaz de schiste est loin de faire l’unanimité. «Pour procéder à un forage, il fallait environ 2.000 produits chimiques, maintenant il en faut une cinquantaine, tous aussi dangereux les uns que les autres», explique-t-il.

En outre, Chitour estime qu’il faut aussi prendre avec beaucoup de prudence les données sur les réserves de gaz de schiste de l’Algérie avancées par l’américain Halliburton qui parle de 27.000 milliards de mètres cubes de gaz dans le sous-sol du Sahara algérien.

Enfin, le ministre revient sur le fait que la technologie qui permet l’exploitation du gaz de schiste est loin d’être mâture, et que les risques auxquels elle soumet l’environnement et les populations restent importants.




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A ce titre, Chitour dit comprendre les populations des régions sahariennes de l’Algérie, notamment celles de In Saleh qui se sont opposées vigoureusement à l’exploitation du gaz de schiste sur ce territoire.

Avec cette sortie, le ministre défend une position contraire à celle du président Tebboune qui souhaite vaille que vaille se lancer dans cette exploitation, mettant en avant les devises que son gouvernement pourrait en tirer et justifiant son point de vue par le fait que l’Algérie n’exporte pas de produits agricoles ou industriels, mais uniquement des hydrocarbures. 

Le président n'a cure des conséquences environnementales. D'autant que l’Algérie fait face à une crise financière aiguë.



Le 14/09/2020 Par Karim Zeidane