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Algérie: la fausse parade pour éviter les crashs en série d'avions militaires

Mise à jour le 11/06/2018 à 20h12 Publié le 11/06/2018 à 20h08 Par Mar Bassine

#Société
Ould Abbes, sciemment ou inconsciemment, s’est mêlé du travail de l’institution militaire

L'avion militaire algérien qui s'est écrasé mercredi faisant 257 morts, transportait aussi une trentaine de miliciens sahraouis.

© Copyright : AFP / RYAD KRAMDI

#Algérie : En moyenne, l'armée algérienne voit chuter chaque année un de ses appareils, à cause de vétusté de la flotte et du manque d'entretien, mais aussi de la mauvaise formation des pilotes. Et c'est sur ce dernier point uniquement que s'orientent les recherches de solutions. Est-ce bien sérieux?


Devant le nombre impressionnant d'accidents aériens, l'armée algérienne se devait d'agir, mais en mettant l'accent sur la formation des pilotes, elle omet visiblement de s'attaquer au  nœud du problème. Sans doute est-il légitime, dans la situation actuelle, de mettre en cause la formation et les conditions de vie des pilotes. Il n'en demeure pas moins que l'état des appareils militaires algériens laisse à désirer et que la vétusté de la flotte mériterait quelques investissements. 

En outre, dans la série de mesures proposées concernant les pilotes, certaines paraissent plutôt risibles comme l'amélioration de la diététique ou l'entraînement physique des hommes. Car, si parmi les causes d'accidents figure le mauvais état physique voire l'obésité des commandants de bord, il convient de ne pas oublier que ces personnes sont des soldats avant d'être pilotes. Serait-ce à dire que la discipline et la rigueur sont sujettes à caution dans les rangs de l'armée? En tout cas, dans le long article du site d'information Mena Défense, il n'est question que des pilotes et jamais des appareils. 


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L'absence de formation, quant à elle, semble avérée au vu du nombre d'accidents. Un pilote bien formé n'accepterait jamais de prendre les commandes d'un appareil ne respectant pas les normes de sécurité. En conséquence, le fait que l'armée algérienne fasse appel à un simulateur pour augmenter l'expérience de ses pilotes sans améliorer leur temps de vol n'a rien de surprenant. 

Néanmoins, beaucoup se demanderont si les pilotes de l'armée nationale populaire sont les seuls à devoir être mis en cause dans la série d'accidents meurtriers qui ont endeuillé l'Algérie. Le dernier en date est la chute de l'Illinouch II-76 qui a causé la mort de 257 personnes, le 11 avril dernier à Boufarik. Il est trop tôt pour que l'enquête rende ses conclusions. Cependant, c'est sans doute aller trop vite en besogne de penser que seule l'amélioration de la formation et des conditions de vol des pilotes pouvait l'éviter. Qu'en était-il de l'état de l'appareil? 


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Depuis 2001, on compte au moins 13 autres accidents de l'armée de l'air algérienne, ce qui représente environ un crash par an. On se souvient notamment de l'accident d'un hélicoptère de transport de troupes qui avait coûté la vie à 12 personnes en 2016. 

Cependant, l'année 2014 détient le triste record des chutes d'appareil en tous genres. Un Bombardier de type Soukhoï (SU24) s'est écrasé le 13 octobre à Hassi Bahbah, suivi un mois plus tard par un Mig 25 qui chute dans la même localité. L'hécatombe avait débuté dès février de la même année, avec un avion de transport de type C-130 Hercules qui s'écrasait sur le Djebel Fertas, à Oum El Bouaghi, tuant les 77 passagers à son bord. Et le 9 mars, un hélicoptère avait raté son décollage pour tomber quelques centaines de mètres plus loin, dans la région d'In Amenas. 

Le 11/06/2018 Par Mar Bassine