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La zone Franc CFA représente 45% des exportations françaises en Afrique subsaharienne

Mise à jour le 14/04/2017 à 08h40 Publié le 14/04/2017 à 08h21 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Economie
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#Autres pays : La zone Franc CFA est l’un des ferments de la puissance économique française en Afrique. Les 14 pays concernés représentent tout de même 45% des exportations de l’Hexagone en Afrique subsaharienne.

Le «lien ombilical» entre la France et l’Afrique, c’est aussi le Franc CFA. La monnaie commune aux États francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui alimente bien de fantasmes, est l’un des maillons essentiels de la coopération entre l’Hexagone et les 14 États l'adoptant comme monnaie nationale. 
 
En 2016, en effet, ces derniers ont absorbé 45% des exportations françaises vers l’Afrique subsaharienne, pour 3214 milliards FCFA, soit 4,89 milliards d’euros, a relevé le ministre français de l’Economie et des finances, Michel Sapin, au quotidien «Fraternité Matin», alors que s’ouvre ce vendredi à Abidjan  la réunion des ministres des Finances de cette zone monétaire. Un niveau important alors que ces pays ne représentent que 10% du PIB de la région. À l’inverse, les pays de la zone cumulent 23% des importations françaises, pour un montant de 1 115 milliards FCFA, soit 1,7 milliard d’euros. 


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Ces chiffres témoignent de l’entrelacement de ces économies, avec une balance qui pèse (ou profite)  lourdement du côté de Paris, qui s’est ainsi réservé un marché captif pour ses exportations, diront les détracteurs du Franc CFA qui sont passés à l’offensive ces derniers mois. 

 
Sujétions (?)  
 
«C’est un avantage certain pour l’intégration régionale» et un «facteur important de stabilité monétaire et financière qui accroît la résilience économique des pays de la zone Franc» argumente Michel Sapin pour justifier l’opportunité du Franc.. 
 
Toutefois cette monnaie impose «un ensemble de sujétions», à la France, note-t-il, qui offre «une garantie de convertibilité illimitée», la «rémunération des avoirs sur le compte d’opération» ainsi que la garantie de «la perte de change que pourraient subir ces avoirs». Une position qui fera réagir les opposants du Franc qui dénoncent le maintien de ces avoirs qui auraient pu servir à financer le développement de ces pays en lieu et place de leur endettement.


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Au-delà de ces critiques, les chefs d’Etat de l’UEMOA ont tranché sur la question lundi dernier au cours d’une session à Abidjan. «La zone est bien gérée, les ressources en devises sont importantes, les politiques macro-économiques sont bien tenues, la croissance économique est forte et le taux d’inflation est maîtrisée (…)», a soutenu Alassane Ouattara en leur nom, qualifiant de «fallacieuses» les informations qui remettent en cause «la solidité et donc la pérennité de notre monnaie». 

 
Le 14/04/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet