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Cameroun: les marchés publics passent à l’électronique

Mise à jour le 17/01/2018 à 12h07 Publié le 17/01/2018 à 11h56 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

#Economie
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L'informatisation du processus de passation des marchés publics vise à assainir un secteur gangréné par la corruption.

#Autres pays : La passation des marchés publics passe au numérique. Le nouveau procédé, qui sera mis en œuvre cette année, vise notamment à endiguer le phénomène de la corruption qui mine le secteur et réduire de moitié le temps consacré à l’opération.

C’est une révolution dans le paysage de la passation des marchés publics au Cameroun, consacrée par un décret du Premier ministre publié il y a quelques jours, qui indique que la passation des marchés publics par voie électronique va s’effectuer sur la plateforme de dématérialisation nommée «Cameroon On Line E-procurement System» (Coleps).

L’opération sera menée avec la coopération de la République de Corée du sud. «Dès l’amorce de la coopération, la première phase de ce projet s’est mise en œuvre. Elle consiste à lancer les appels d’offres en ligne. Aujourd’hui, lorsqu’un soumissionnaire veut postuler à un marché, il peut simplement entrer dans le site du Minmap (ministère des marchés publics), télécharger le dossier d’appel d’offres, l’examiner et faire ses offres. La deuxième phase du projet est plus sophistiquée. Elle analyse toutes les offres de manière électronique. Elle fait la notation technique, l’évaluation financière et le classement de manière électronique», déclare Abba Sadou, ministre en charge du secteur.


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L’innovation s’inscrit en droite ligne des réformes engagées dans le secteur, afin de mettre fin à la corruption et de réduire de moitié le temps consacré à l’opération.

«Nous projetons de passer tous les marchés dans un délai de deux mois maximum», a assuré le ministre. La République de Corée du sud va du reste offrir trois milliards de francs CFA pour opérationnaliser le procédé.


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Le secteur des marchés publics au Cameroun est gangréné par la corruption. Il y a quelques mois, le ministère a exclu 146 entreprises de tous les processus d’accès à la commande publique. Entre autres motifs invoqués, «la fraude, la corruption, la filouterie et le détournement des deniers publics».

Parmi les visages du phénomène tant décrié dans le pays, on recense les marchés mal exécutés, les commandes passées mais pas livrées, l’attribution des marchés à des sociétés-écrans ou à des proches. Autant de maux qui plombent l’économie et l’exécution du budget d’investissement public.
Le 17/01/2018 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

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