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Algérie: le FMI pessimiste pour les 5 prochaines années

Mise à jour le 11/10/2018 à 13h11 Publié le 11/10/2018 à 13h08 Par Mar Bassine

#Economie
Algérie: 30 milliards de dinars de plus pour la Grande mosquée d'Alger
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#Autres pays : D'ici 2023, l'Algérie devrait continuer à avoir une croissance molle, voire une évolution ankylosée de son PIB selon le Fonds monétaire international - tout le contraire de la Zone Moyen-Orient et Afrique du Nord.


Alors qu'il prévoit une croissance moyenne de 3% d'ici 2023 pour la zone Moyen-orient et Afrique du Nord, le Fonds monétaire international affiche un certain pessimisme quant à l'Algérie. En effet, dans le World Economic Outlook (WEO) publié le 8 octobre dernier, le FMI estime que, malgré la reprise des cours d'hydrocarbures qui s'annonce, ce pays d'Afrique du Nord continuera à connaître une croissance timorée. 

Sur les cinq prochaines années, le PIB algérien ne devrait s'améliorer que de 0,5% en moyenne annuelle, ce qui est de loin inférieur aux 6% de l'économie égyptienne, aux 4,5% du Maroc ou au 4,2% de la Tunisie. Même la Mauritanie avec 5,3% et la Libye qui devrait réaliser 1,5% feront mieux que l'Algérie. 


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Pendant ce temps, le pays devrait connaître une surchauffe au niveau des prix. En effet, toujours d'après le WEO, le niveau d'inflation pourrait être de 12% en 2023, après avoir été respectivement de 6,5%  et 6,7% en 2018 et 2019. Pendant ce temps, le Maroc devrait enregistrer une augmentation moyenne des prix qui ne dépassera pas 2% par an d'ici 2023, quant à la Mauritanie, elle se situera à peine à 4%. 

Cette situation que vit l'Algérie n'est pas nouvelle, car son économie est monosectorielle. Le pays n'a toujours pas réussi à diversifier ses activités, l'essentiel de la production tournant autour du pétrole et du gaz, comme le montre la structure de ses exportations, dont 96% sont constitués d'hydrocarbures. Actuellement, l'outil de production vieillissant fait que même une augmentation des cours risque d'avoir un impact limité sur la situation de crise que vit le pays.


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L'échec des politiques menées pour diversifier le tissu productif algérien ne facilite d'ailleurs pas les choses. C'est le cas notamment du secteur automobile qui ne réussit toujours pas à décoller. L'année dernière, un scandale avait même éclaté quand une usine de montage automobile s'est révélée n'être qu'un simple atelier de montage de roues sur des véhicules importés déjà montés. Dans ce même registre de l'automobile, les annonces d'investissements ne sont jamais concrétisées. 

Il faut également dire que l'Algérie est régulièrement classée parmi les pays ayant le pire climat des affaires en Afrique et dans le monde. C'est le cas, du Doing Business 2018 qui estimait que l'Algérie boxait dans la même catégorie que le Soudan du Sud et la Somalie. 

En 2017 et 2018, le gouvernement a financé le déficit budgétaire avec la planche à billets pour ne pas recourir à l'endettement, ce qui a contribuer à miner la confiance des Algériens dans leur propre monnaie. Le gouvernement fait tout pour endiguer la fuite des devises, sans trop y parvenir. L'inflation a donc de beaux jours devant elle... 


Le 11/10/2018 Par Mar Bassine