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Cameroun: attaque meurtrière de Boko Haram dans l’Extrême-Nord

Mise à jour le 04/04/2018 à 14h07 Publié le 04/04/2018 à 14h00 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
Boko Haram
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#Autres pays : 5 militaires camerounais ont été tués et 3 membres de la Force multinationale mixte blessés lors de l’assaut donné lundi soir par de présumés membres de la secte terroriste nigériane contre un poste de l’armée dans la région septentrionale du pays. Cette attaque est la 3e du genre en moins de 48h.

Au moins cinq militaires ont été tués et trois membres de la Force multinationale mixte (FMM) blessés lors d’une attaque menée lundi 2 avril dans la soirée contre le poste avancé des éléments de la 41e Brigade d’infanterie motorisée à Sagmé, dans la région de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigeria, apprend-on de sources officielles.

L’attaque n’a pas été revendiquée, mais le gouvernement l’attribue à la secte terroriste nigériane Boko Haram contre laquelle l’armée se bat depuis quatre ans. «Usant de perfidie, les éléments du groupe terroriste venus en grand nombre ont, pour les besoins de leur sordide besogne, maquillé les véhicules tout-terrain à bord desquels ils se déplaçaient et arboré des tenues militaires aux couleurs et motifs de la FMM.

C’est grâce à ce subterfuge qu’ils ont pu se rapprocher de la position occupée par nos forces de défense, avant d’ouvrir le feu de manière instantanée», indique le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary. 


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Cette attaque est la troisième du genre en moins de 48h. En effet, un poste militaire tenu par la FMM (force régionale mise en place pour lutter contre Boko Haram) a été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi dans la localité d’Amtalia. Bilan: un soldat blessé et deux kamikazes tués. Dans la même nuit, un civil trouvait la mort à Mogbéré, non loin de là, lors d’une incursion attribuée là encore à Boko Haram.

La région de l’Extrême-Nord connaît un regain de violence depuis la semaine dernière. Le 27 mars dernier, quatre soldats camerounais ont été blessés et un autre enlevé à Soueram, localité voisine de Sagmé. Leur unité était tombée dans une embuscade tendue par des hommes soupçonnés d’appartenir à la secte terroriste. On est toujours sans nouvelles de l’otage.


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Ces attaques surviennent au moment où le président de la République affirme que «l’action déterminée de nos forces de défense et de sécurité a permis de réduire drastiquement les exactions des groupes criminels» qui sévissent notamment dans l’Extrême-Nord. Paul Biya a fait cette déclaration lors du Conseil des ministres qu’il a présidé le 2 mars dernier au palais présidentiel à Yaoundé. 

En 2014, le Cameroun a déclaré la guerre à Boko Haram qui multiplie également ses attaques au Nigeria, au Niger et au Tchad. Depuis cette «déclaration de guerre», la secte terroriste nigériane a tué «2.000 civils et militaires» et enlevé «un millier de personnes» dans l'Extrême-Nord, d’après le centre d'analyse belge International Crisis Group.
Le 04/04/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell