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Cameroun: l’Etat se «réapproprie» le concours Miss Cameroun

Mise à jour le 21/12/2018 à 16h52 Publié le 21/12/2018 à 10h46 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

#Société
Miss Cameroun
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#Autres pays : Le ministre des Arts et de la Culture a décidé le 20 décembre dernier, de reprendre le contrôle de l’organisation de ce concours de beauté afin de préserver l’image de cet évènement culturel émaillé par divers scandales depuis plusieurs années.

L’Etat du Cameroun a décidé de se «réapproprier» le concept «Miss Cameroun» et subséquemment, l’organisation du concours de beauté y relatif, indique le ministre des Arts et de la Culture dans un communiqué publié ce jeudi 20 décembre 2018 à Yaoundé, la capitale.

Cette décision prescrite par le chef de l’Etat est consécutive aux «incidents récurrents» ayant «impacté négativement» ledit concours ces dernières années, justifie Narcisse Mouelle Kombi. Le dernier en date est la plainte déposée courant janvier 2018 par une candidate qui accusait notamment le Comité d’organisation de Miss Cameroun (COMICA) d’avoir falsifié les résultats de la finale du 30 décembre 2017.


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L’affaire avait grand bruit dans la presse, remettant au goût du jour les multiples scandales (malversations, proxénétisme, harcèlement sexuel, confiscation par le comité d’organisation des lots offerts par les sponsors, etc.) qui ont émaillé et terni l’image de Miss Cameroun au fil des années.

Aussi, la décision ministérielle vise-t-elle à «préserver l’image de cet évènement, vitrine de la culture camerounaise» placé sous le haut patronage de la première dame du Cameroun et ayant souvent bénéficié du soutien financier et matériel de l’Etat. La présidente du COMICA, Ingrid Solange Amougou, a été informée de cette décision, apprend-on.

«Appropriation privative»

Pour le gouvernement, quand bien même la marque COMICA serait enregistrée à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), le concept «Miss Cameroun» sur lequel l’Etat a un droit de préemption «ne saurait faire l’objet d’une «appropriation privative». A cet effet, le ministre des Arts et de la Culture désavoue toute initiative relative à l’organisation, par une quelconque association, de l’élection Miss Cameroun sous «tel ou tel habillage dénominatif». Les nouvelles modalités d’organisation de ce concours de beauté par l’Etat, actuellement en cours d’étude, seront communiquées en temps opportun au public, assure Narcisse Mouelle Kombi.


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Cette décision intervient au lendemain du lancement des activités de Miss Cameroun 2019. Face à la presse mardi dernier à Yaoundé, la présidente du COMICA a déclaré que cette édition s’inscrivait sur la voie du changement, tout en annonçant un «ensemble de réformes, d’innovations et de redéploiement afin de conserver, au besoin, de rehausser le caractère prestigieux de l’évènement».

A noter que le concours Miss Cameroun a été créé en 1960, au lendemain de l’indépendance. Egalement connu sous l’appellation de Miss Indépendance, ce concours était organisé par le ministère de la Culture. La formule actuelle existe depuis 2002 sous l’organisation du COMICA à qui le gouvernement vient de retirer le label Miss Cameroun.

Le 21/12/2018 Par De notre correspondant au Cameroun Tricia Bell

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