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Vidéo. Yaoundé: mutinerie à la prison centrale, menée par les détenus de l'opposition et les rebelles anglophones

Mise à jour le 23/07/2019 à 18h08 Publié le 23/07/2019 à 18h07 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

#Société
Prison de Yaoundé
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#Autres pays : La principale prison de Yaoundé, capitale du Cameroun, a été le théâtre d'une mutinerie de prisonniers, qui réclament leur libération ou de meilleures conditions de détention. La situation a entre-temps été maîtrisée. Aucune perte en vie humaine n'est à déplorer.

Les forces de l'ordre et ceux en charge de la sécurité tentent depuis ce mardi 23 juillet 2019, de remettre de l'ordre dans la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, la capitale, au lendemain d’une mutinerie dans cet établissement pénitentiaire.

Des corps d'élite de la police et de la gendarmerie ont également été mis à contribution pour mener des fouilles.

Entre autres, le Groupement spécial d'opérations (GSO), le Groupement mobile d'intervention (GMI), le Groupement polyvalent d'intervention (GPIC) et la police scientifique ont été à pied d'oeuvre. 

Parmi les dégâts notés durant cette mutinerie, des grilles vandalisées, l'infirmerie et la bibliothèque ont été incendiées, le quartier VIP -qui regroupe notamment des personnalités incarcérées dans le cadre de l'opération de lutte contre la corruption dite "opération Epervier"- en partie dévasté, etc.


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Selon la Cameroon Radio Television (CRTV), chaîne à capitaux publics, des personnalités détenues dans cet établissement pénitentiaire ont été molestées et sont victimes de blessures légères.

Si un bilan global reste pour l'heure difficile à évaluer, il n'y a cependant pas eu d'évasion ni de perte en vie humaine à noter pour le moment.

Les coups de feu entendus la nuit dernières par les riverains étaient des tirs de sommation. Des détenus ont également été transférés vers d'autres lieux de détention, apprend-on.



Hier, des prisonniers ont engagé un mouvement de rebellion dans cette célèbre prison.

Selon les médias locaux, il s'agit notamment de ceux incarcérés dans le cadre de la crise anglophone, qui ont été rejoints plus tard par d'autres prisonniers.

Surpopulation carcérale

Sur une vidéo partagée sur les réseaux sociaux et filmée de l'intérieur, on voit notamment Mamadou Mota, vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de l’opposant Maurice Kamto, qui harangue la foule des détenus.


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Certains prisonniers réclament notamment, dans cette vidéo, leur remise en liberté, ou encore de meilleures conditions de détention, et dénoncent le traitement supposé favorable dont bénéficieraient d’autres détenus.

«Nous ne voulons plus manger de maïs bouillie. Nous voulons être jugés et condamnés», déclare notamment Mamadou Mota, un prisonnier de cet établissement, sur cette vidéo.

Dans son rapport 2017, la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL) soulève le problème de la surpopulation carcérale dans les prisons camerounaises.

Une situation à laquelle n'échappe pas la prison de Kondengui.

Certaines associations de défense des droits humains, qui prônent notamment l'application de peines alternatives, dénoncent notamment les lenteurs administratives et le fait que de nombreux prisonniers y soient en attente de jugement, ce qui participe à gonfler les effectifs.

Pour décongestionner les prisons, l’Etat a entamé, il y a quelques années, la construction de nouveaux édifices pénitentiaires et la réhabilitation ou l’extension de certains pénitenciers.
Le 23/07/2019 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

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