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Cameroun. Crise anglophone: la vidéo d'une femme enterrée vivante suscite l'émoi

Mise à jour le 20/09/2019 à 16h13 Publié le 19/09/2019 à 12h57 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem

#Société
crise anglophone
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#Autres pays : La vidéo d'une femme couchée vivante dans une tombe qui vient d'être creusée avant qu'elle n'y soit enterrée encore vivante suscite un grand émoi au Cameroun. Ce crime est attribué aux bandes armées sécessionnistes qui sévissent dans la région du Nord-Ouest du pays.

Depuis le début de la semaine, une vidéo partagée sur les réseaux sociaux camerounais suscite une vive émotion. Sur l'enregistrement qui dure trois minutes environ, on voit une femme couchée vivante dans une tombe qui, à première vue, vient d'être creusée.

A côté, on entend des personnes hors du champ de la caméra lui donner des instructions, notamment sur la manière dont elle doit s'allonger. Ces ordres sont proférés en pidgin, une sorte d'argot mélangeant anglais et langues locales. Puis la victime est abattue d'une balle dans la tête, avant que ses bourreaux ne referment la sépulture.


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Ce crime abominable est attribué aux bandes armées qui sévissent dans la région anglophone du Nord-Ouest.

La vidéo a fait réagir les autorités locales, selon lesquelles les faits se sont déroulés dans la localité de Guzan, dans l'arrondissement de Batibo.

«Je vous prescris d'engager immédiatement toutes les mesures visant à retrouver ce groupe de terroristes barbares, de les interpeller et de les mettre à disposition de la justice», indique le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, dans une note adressée au gouverneur de la région du Nord-Ouest.


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Le ministre a également ordonné la localisation précise de cette tombe, afin de réserver à cette victime, «des obsèques et une sépulture dignes».

Ce crime s'inscrit par ailleurs dans un contexte où le président Paul Biya a convoqué pour la fin du mois, un "grand dialogue national" sur la crise anglophone, entre autres.

Lors de son discours à la nation le 10 septembre dernier, le chef de l’État a réitéré son offre de paix aux groupes armés.

«Ceux qui volontairement déposent les armes et se mettent à la disposition des centres de DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration) n'ont rien à craindre», avait alors promis le président camerounais.
Le 19/09/2019 Par De notre correspondante au Cameroun Patricia Ngo Ngouem