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RDC: la discipline dans le championnat national de football a foutu le camp

Mise à jour le 10/05/2017 à 17h13 Publié le 10/05/2017 à 17h11 Par De notre correspondant à Kinshasa Tshieke Bukasa

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#Autres pays : L'indiscipline est une caractéristique dans le football congolais. Le désordre est aussi omniprésent au niveau de la Ligue nationale de football (Linafoot) et de la programmation des matchs.

Situation surréaliste au stade des Martyrs, le temple de football de Kinshasa de 80.000 places! Lundi 9 mai, 15h00, les joueurs de FC Renaissance et DC Motema Pembe (ex Imana), deux grands clubs de la ville, sont sur la pelouse, et l'arbitre central, peu avant de donnerr le coup d’envoi de la rencontre, remarque que le terrain est dépourvu de trois drapelets... que vient d'arracher un supporter.

Après plus de trente minutes passées sans solution... les capitaines des deux clubs ont replacé les tiges dans les points des corners, mais sans les petits drapeaux de rigueur.

Au finish, pour se conformer aux lois de la Confédération africaine de football (CAF), l’arbitre décide d’annuler le match. Enragé et très déçu, le public, qui a payé pour assister à la rencontre, est obligé de retourner chez lui sans avoir pu suivre ce match important de la Ligue nationale de football (Linafoot), le plus grand championnat du pays, à cause de trois "minables" drapelets !

Grand derby de Kinshasa, l’événement devait être retransmis en direct à la télévision nationale et sur  des bouquets satellitaires, qui ont quand même relaté cette situation kafkaïenne.


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Scenario anormal et inconcevable, il illustre pourtant le niveau de désordre dans lequel vogue la Linafoot. 

En effet, cette saison 2016-2017 est marquée par des scènes, plus cocasses les unes que les autres. Outre le spectacle de ce supporter qui débarque sur la pelouse et retire, en live, trois drapelets se trouvant aux coins de corner, l’opinion sportive congolaise a assisté, entre autres, au déplacement à la hussarde du club de CS Don Bosco au Maroc à 24 heures de sa rencontre contre l’As Vita Club.

Pire encore, on apprend que le même club séjourne déjà à Bukavu, dans l’Est du pays, pour jouer un match, alors que son adversaire du jour, le FC Renaissance, l’attend sur terrain… le même jour et à la même heure!

Face à tous ces ratés, la fédération se montre incapable de prendre des sanctions à l’endroit desdits clubs. Le Secrétaire national de la Linafoot, a confié à le360.afrique que le calendrier a été établi de sorte à permettre à toutes les équipes de prendre leurs dispositions en prévision de leur participation au championnat. "Celles qui ne se présentent pas sur le terrain, perdront par forfait", a-t-il dit.

Et pourtant, jusqu’à ce jour, aucun club n’a jamais été sanctionné. Au contraire, l’organisation faîtière du championnat national a toujours choisi de reprogrammer lesdites rencontres ratées.


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Autre caractéristique de l’indiscipline qui bat son plein dans le championnat congolais de football, c’est le fait que certaines équipes puissantes qui, dès qu'elles perdent des points sur l’aire du jeu, remuent ciel et terre pour les gagner dans les bureaux! "Leurs propriétaires ont de gros moyens financiers et ont des antennes dans tous les rouages du football national. Ils chercheront la petite bête et finiront par la trouver afin de faire retirer des points à ceux qui leur tiennent tête...", a déclaré Onassis Mutombo, analyste sportif.

Sur le plan logistique, un membre proche de la Linafoot a confié que la structure souffre énormément pour relever certains défis, notamment la lutte contre les fraudes au stade, le piratage des billets d’entrée, la prise en charge des officiels, etc. A titre d'exemple, en début du mois d’avril dernier, un trio arbitral qui devrait officier un match à Kinshasa, a été bloqué dans l’Est du pays dans le Sud-Kivu.

Face à tous ces ratés, les amoureux du ballon rond invitent les dirigeants sportifs à remettre de l’ordre à la maison pour ne pas décourager des milliers de talents qui pullulent chaque jour à Kinshasa et dans tout le Congo.
Le 10/05/2017 Par De notre correspondant à Kinshasa Tshieke Bukasa

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