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Football: le chef des anti-Balaka, tueurs des casques bleus marocains en Centrafrique, élu au comité exécutif de la CAF

Mise à jour le 02/02/2018 à 17h28 Publié le 02/02/2018 à 15h43 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

#Sports
patrice édouard Ngaissona

Patrice Edouard Ngaissona.

#Autres pays : Patrice Edouard Ngaissona, président de la Fédération centrafricaine de football, vient d'être élu au Comité exécutif de la CAF. Une élection qui fait polémique, Ngaissona ayant été chef des milices antibalaka, accusées de graves exactions pendant la crise qui a secoué la Centrafrique.

Patrice Edouard Ngaissona, chef de la "coordination antibalaka", un groupe armé centrafricain, a été élu vendredi au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) après un vote de l'assemblée générale réunie à Casablanca.

"Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd'hui", a déclaré Patrice Ngaissona à l'AFP après le vote de l'assemblée générale de la CAF, organe où il siège en tant que président de la Fédération centrafricaine de football.

Sa candidature au comité exécutif a recueilli 30 voix, contre 23 pour le Gabonais Pierre Alain Mounguengui qui briguait comme lui le siège réservé à la zone centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RD Congo, Sao Tomé & Principe, Tchad) au sein de l'instance dirigeante de la CAF. Un vote a été déclaré nul.

Tout sourire, Ngaissona s'est levé après l'affichage des résultats du vote secret et a serré quelques mains autour de lui.


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Les milices antibalaka (antimachettes) ont été parties prenantes de la crise sans précédent qui avait secoué la Centrafrique entre 2013 et 2015 et ont été accusées de graves exactions. Ce sont aussi à ces milices qu'on attribue la mort des Casques bleus marocains en 2017 au cours d'attaques qui ciblaient principalement la communauté musulmane en Centrafrique.

Patrice Edouard Ngaissona n'avait pas pu participer à la présidentielle de 2015 dans son pays, du fait des soupçons sur son rôle durant cette période.

"Si ces allégations étaient vraies, je ne serais pas là aujourd'hui. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait dans le bien de mon pays", a-t-il déclaré vendredi à l'AFP en précisant "ne pas vouloir mélanger politique et sport".

Ngaissona, proche de l'ancien président François Bozizé, est président de la fédération centrafricaine de football depuis 2008 et fut brièvement ministre des Sports en 2013.


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Cet ancien député, âgé d'une cinquantaine d'années, se présente depuis la crise de 2013 comme le "coordinateur politique" des antibalaka, milices autoproclamées d'"autodéfense" qui disent défendre les intérêts des chrétiens.

Ces milices sont une myriade de groupes armés peu structurés et formés pour, selon elles, protéger les chrétiens face aux exactions de la coalition promusulmane de l'ex-Séléka, qui avait pris Bangui en 2013 avant d'en être chassée en 2014.

La candidature de Patrick Edouard Ngaissona avait été validée début janvier par le comité exécutif de la CAF qui "prend en compte des critères strictement statutaires", comme l'a expliqué à l'AFP un responsable médias de la CAF, en précisant que la Confédération africaine n'a pas de commission d'éthique.

La seule candidature recalée cette année a été celle de l'Algérien Bachir Ould Zmirli, dont le dossier a été déposé "hors délai".

Candidats uniques sur les trois autres postes vacants au comité exécutif de la CAF, le Libyen Jamal El Jaafri, le Sénégalais Augustin Senghor et le Burkinabè Sita Sangaré ont également été élus vendredi.
Le 02/02/2018 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

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