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Côte d’Ivoire. CPI: la défense de Laurent Gbagbo demande «sa libération immédiate»

Mise à jour le 26/07/2018 à 10h11 Publié le 26/07/2018 à 09h16 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
Gbagbo

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

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#Côte d’ivoire : Plutôt que de plaider non coupable, la défense de Laurent Gbagbo a demandé un non-lieu et l’acquittement de ce dernier ainsi que sa «libération immédiate», faute de preuves «au-delà de tout doute raisonnable».

Alors le procès de Laurent Gbagbo doit entamer sa seconde phase avec la plaidoirie de la défense, prévue en principe au mois de septembre, son avocat a demandé à la cours un non-lieu et son acquittement pur et simple. Maître Emmanuel Altit soutient, dans une requête, déposée à la chambre de première instance de la CPI en début de semaine, que «les éléments présentés par le Procureur contre Laurent Gbagbo dans le cadre de son cas ne permettent pas de prouver les charges au-delà de tout doute raisonnable».  

Et en conséquence, il demande à la cour de «prononcer un non-lieu total en faveur de Laurent Gbagbo», de «prononcer un jugement d’acquittement en sa faveur» et d’«ordonner la libération immédiate de Laurent Gbagbo».

Ce nouveau développement intervient près de deux mois après que  l’accusation ait officiellement pris fin le 1er juin dernier, au moment où la cour, dans une décision rendue le 4 juin, donnait la possibilité à l’ex-chef d’Etat ivoirien et à son co-accusé Blé Goudé de plaider un acquittement.


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En effet, au bout de trois ans de procès, avec 82 témoins de l’accusation, «15 000 pages de transcrits», des «milliers de documents et des centaines d’heures de vidéos au dossier» selon le décompte de Me Emmanuel Altit, la culpabilité reste à démontrer.

L’on se souvient par exemple que l’expert medico(légal néerlandais, Kate Kloosterman, 44e témoin appelé à la barre fin mai 2017, avait mis en doute une des preuves de l’accusation. Il avait analysé un vêtement d’une victime de la «tuerie des femmes d’Abobo» –un épisode qui avait ému la communauté internationale qui s’était alors investie militairement pour précipiter la chute de Gbagbo– et avait conclu qu’il n’y avait aucune tâche de sang sur ce qui devait être un élément de preuve probant de ce massacre.


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Cette requête des avocats de l’ex chef d’Etat ivoirien ouvre à ce dernier une fenêtre d’espoir. D’autant plus que la CPI a déjà prononcé un non-lieu au beau milieu d’une procédure visant le vice-président kényan William Ruto. De même, la libération de Jean-Pierre Bemba est un autre fait qui suscite l’optimisme des partisans de Laurent Gbagbo.

A deux ans de la présidentielle de 2020, il faut imaginer que l’arène politique ivoirienne restera suspendue à une décision qui risque de bouleverser bien des calculs.
Le 26/07/2018 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

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