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Côte d’Ivoire–système type Ponzi: les souscripteurs dénoncent l’intervention du gouvernement

Mise à jour le 08/02/2017 à 14h06 Publié le 08/02/2017 à 11h39 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Société
pyramide de Ponzy
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#Côte d’ivoire : Est-ce par avidité ou par ignorance? Les souscripteurs des sociétés d’agribusiness reprochent au gouvernement d’avoir mis un terme à ce qui ressemble à un système d’arnaque organisée, convaincus de la viabilité de ces entreprises qui promettaient un rendement faramineux.

L’Etat ivoirien, dans sa mission régalienne de recherche de l’intérêt général, va finir par se mettre à dos les dizaines de milliers de souscripteurs aux services financiers des sociétés d’agrobusiness. Ces entreprises qui ont mis en place un vaste mécanisme d’escroquerie financière de type Ponzi ont en effet réussi à les convaincre de la viabilité d’un système d’investissement dans le domaine agricole, avec des retours sur investissement atteignant parfois les 1.000%.

Le fait est que le gouvernement, qui a confirmé à la suite d’une étude que les entreprises concernées reversaient des revenus bonifiés à leurs adhérents, non pas à partir du produit d’investissements dans le secteur agricole comme elles le promettaient, mais plutôt avec des ressources tirées des nouvelles souscriptions, a saisi les comptes de ces entreprises et procédé à l’arrestation d’un certain nombre de leurs dirigeants. De même un Comité de veille a-t-il été mis sur pied afin d’utiliser les actifs saisis de ces entreprises pour rembourser aux souscripteurs le capital investi, à défaut de mieux.


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Cette approche, les souscripteurs sont loin de la partager. «Nous n’avons signé aucun contrat avec l’Etat ivoirien mais plutôt avec plusieurs partenaires que sont les entreprises d’agro-business», s’est plaint au cours d’une conférence de presse Ouattara Kouakou, à la tête d’une plateforme d’associations de souscripteurs.

Ce dernier se fie à la promesse de certaines sociétés – dont la plus controversée, Monhevea.com - qui soutiennent être capables de tenir leurs engagements. Aussi les souscripteurs exigent-ils des autorités le dégel des comptes des entreprises et la libération de leurs dirigeants pour «permettre à ces derniers, avec qui chaque souscripteur est lié par voie contractuelle de payer les retours sur investissement». Nombre de souscripteurs reprochent ouvertement au gouvernement d’avoir compromis un système qui marchait pourtant bien et qui «générait des emplois et permettait de lutter contre la pauvreté».


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Pour les experts, cette situation est symptomatique d’un manque d’éducation financière des populations. «Les études montrent bien qu’en face il n’y a pas de production qui génère des bénéfices à redistribuer. D’où leur vient l’idée que ces entreprises auront les moyens de régler les promesses de gains?», interroge Malice Koné, un expert-financier.

Selon les chiffres officiels, 36.000 personnes ont investi 66 milliards Fcfa, soit 100,7 millions d’euros, dans 28 sociétés d’agro-business pour des promesses de gains de 660 milliards de francs, un peu plus d’un milliard d’euros. A noter que les comptes gelés de ces entreprises ne présentent qu’un solde de 22 milliards de Fcfa (33,5 millions d’euros).







Le 08/02/2017 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet