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Gabon. Jean Ping: «Comme pour Gbagbo, la France aurait dû déloger Bongo»

Mise à jour le 09/11/2016 à 18h14 Publié le 09/11/2016 à 18h10 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

#Politique
jean ping

Jean Ping, principal challenger d'Ali Bongo .

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#Gabon : Jean Ping s’est montré très critique, dans une interview accordée ce mardi à la BBC, à l’encontre de la France et de l’Union africaine qui n’ont pas voulu répéter le schéma ivoirien au Gabon. Un contexte ivoirien qui avait conduit à l’intervention armée de la France pour déloger Gbagbo.

La Côte d’Ivoire devait servir de référence au règlement de la crise postélectorale au Gabon. C’est l’avis de l’ex-candidat à la présidentielle gabonaise, Jean Ping, qui ne décolère pas contre la France dont il n’a pu obtenir un soutien ferme comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire lors du contentieux électoral de 2010. Dans une interview accordée à la BBC, l’homme qui se proclame toujours victorieux du scrutin est particulièrement amer. 

«Je me trouve dans la situation de Ouattara hier. En Côte d’ivoire la France a pris l’initiative de déloger Gbagbo. En comparaison, la France aurait dû utiliser la force pour déloger Ali», a-t-il avancé, avant de poursuivre : «le président Gbagbo est à la Haye, Ali finira à la Haye».


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Des propos chocs qui traduisent à la fois l’amertume et l’impuissance de l’ex-proche collaborateur de Bongo père qui voit la communauté internationale tourner progressivement, si ce n’est déjà fait, la page de cet épisode électoral.

Jean Ping, en outre, pointe du doigt l’Union africaine (UA), l’institution qu’il a dirigée, critiquée comme un «syndicat de chefs d’Etat». Il reproche à l’institution de n’avoir également pas pris position en sa faveur comme ce fut le cas pour la Côte d’Ivoire avec Alassane Ouattara ; l’UA s’étant contentée de désigner un comité d’experts pour assister le processus de proclamation des résultats.


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Pour justifier sa déception, Jean Ping a avoué avoir donné son accord en tant que président de la commission de l'Union africaine, afin que la France et l'ONU bombardent le palais l’ex président ivoirien pour mettre fin à la crise post-électorale et avoue avoir cautionné le transfèrement de ce dernier à la CPI.

Eloigné donc du pouvoir, l’opposant compte-t-il négocier avec Libreville? La perspective n’est nullement envisageable, a-t-il soutenu, affirmant que s’il le faisait, il trahirait ses électeurs qui, du reste, l’ont averti qu’ils brûleraient sa maison, a-t-il indiqué.
Le 09/11/2016 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet