Fermer

Gabon: silence et spéculations sur la santé de Ali Bongo

Mise à jour le 05/11/2018 à 16h31 Publié le 05/11/2018 à 16h29 Par Kofi Gabriel

#Politique
ali bongo

Ali Bongo, président du Gabon, a fait beaucoup de promesses pour 2018.

#Gabon : L’absence du président Ali Bongo et son hospitalisation en Arabie saoudite alimentent toutes les rumeurs. Entre «fatigue sévère» et «AVC», toutes les spéculations sont permises face au silence des autorités. Certains opposants parlent même de vacance du pouvoir, alors que d’autres réapparaissent.

Les rumeurs sur l’état de santé du président gabonais Ali Bongo sont de plus en plus fortes. «Fatigue sévère» ou «AVC», la santé du président Ali Bongo est au cœur des discussions et supputations au Gabon, mais aussi en Afrique centrale où la santé fragile des chefs d’Etat de la région est un secret de polichinelle.

Absent du Gabon depuis une quinzaine de jours, Ali Bongo avait fait le déplacement à Riyad pour assister au Forum «Davos du Désert». Toutefois, il n’a pas pu assister à cet événement. Il a été hospitalisé le 24 octobre dernier, officiellement pour une «fatigue sévère». Une annonce qui a été faite suite aux rumeurs les plus folles, faisant étant du décès du président avant d’être démenties. Une chaine de télévision camerounaise a même été suspendue de diffusion au Gabon, après avoir colporté ces rumeurs.


LIRE AUSSI: Gabon: Ali Bongo officiellement hospitalisé en Arabie Saoudite


Ensuite, cela a été au tour de l’agence Reuters de démentir la cause de l’hospitalisation du président gabonais. L'agence britannique a fait état d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’un œdème cérébral dont aurait été victime le président. Selon cette agence, qui souligne avoir confirmé cette information auprès d’une source médicale et d’une autre diplomatique, le président gabonais est bien en convalescence en Arabie saoudite alors que certains annoncent son transfert à Londres. Cette annonce contredit fortement la version officielle de «fatigue sévère».

«On ne va pas se substituer au diagnostic des médecins et d’ailleurs, la présidence de la République va continuer à communiquer sur l’évolution de l’état de santé du président, dans les prochains jours», a immédiatement répliqué le porte-parole du gouvernement, sans toutefois apporter un démenti à l’information de Reuters, ajoutant que le Premier ministre Emmanuel Issozé Ngondet, est informé en temps réel de l’évolution de la santé du président.


LIRE AUSSI: Cameroun: une chaîne TV suspendue de diffusion au Gabon pour avoir annoncé la mort d’Ali Bongo


En tout cas, si cette absence prolongée suscite des questions auprès des Gabonais, dont certains entreprennent des prières pour que le président retrouve sa santé, elle montre aussi le climat délétère au sein de la classe politique gabonaise.

Certains opposants n’hésitent pas à parler de vacance du pouvoir, ce qui entraîne des suspicions chez les Gabonais. «Nous ne sommes pas en 2009 et ce n’est pas à l’ordre du jour. Le Premier ministre doit, en attendant, rester au travail pour que le Gabon fonctionne normalement. Ce que je peux dire, aujourd’hui, c’est que la vacance du pouvoir dont on parle tant maintenant, n’est pas à l’ordre du jour. Il serait d’ailleurs indécent d’en parler alors que le président est en train de recouvrer progressivement sa santé», a tranché Guy Bertrand, le porte-parole du gouvernement.


LIRE AUSSI: Gabon: Bongo malade, Jean Ping sort du silence et appelle au "rassemblement"


Par ailleurs, cette absence a aussi fini par sortir Jean Ping, adversaire politique de Ali Bongo, et qui continue à se proclamer président élu du Gabon, de son hibernation. Il s’est ainsi adressé de manière «solennelle» -Hymne national, drapeau tricolore, armoiries nationales et costume cravate- à ses «chers compatriotes», pour l’appeler au «rassemblement» sans piper mot sur le président Ali Bongo.

En tout cas, une chose est sûre, les Gabonais ont besoin d’informations de la part des officiels. Autrement, ce seront les rumeurs alimentées par certains opposants qui se chargeront de les inquiéter davantage. 
Le 05/11/2018 Par Kofi Gabriel

à lire aussi